« L’austérité est une politique sans espoir, ce n’est pas une politique libérale »

Politique d'austérité en Europe

Sur le site Atlantico.fr,  Alain Madelin revient sur la politique parfois dite « libérale » suivie par le gouvernement :

« Pour le libéral et ancien ministre de l’Economie et des Finances Alain Madelin, la politique d’austérité budgétaire imposée à la France rapproche le pays d’un scénario similaire à celui que connaît la Grèce.

Atlantico : Cette semaine a été marquée par la loi croissance et activité présentée par le ministre de l’économie Emmanuel Macron, loi globalement perçue comme étant de nature libérale. Portez-vous un jugement bienveillant sur son contenu ? Et plus généralement sur l’orientation économique prise par le gouvernement ?

Alain Madelin : Non. Fondamentalement, la loi Macron est une loi d’affichage politique qui répond aux exigences de Bruxelles. Cette loi fait le service minimum. Car il est évident que le travail de quelques dimanches de plus ou les quelques modifications périphériques du statut de telle ou telle profession n’auront rigoureusement aucun impact sur la croissance.

L’immigration ne fait pas échec à l’Etat Providence

Image pour immigration

Dans les pages « Idées » du magazine Le Point du 20 novembre 2014, Alain Madelin répond au britannique David Goodheart qui développe une critique de gauche de l’immigration qui ruinerait l’Etat Providence et minerait même l’idée de solidarité.

« Ainsi donc les immigrés sont trop nombreux, trop différents de nous et trop coûteux pour notre économie et notre État-providence. Cette thèse n’a rien de bien neuf. Partout elle rencontre un fort écho populaire et alimente des partis xénophobes.

Ce qui mérite l’attention, c’est qu’exprimée ici par un représentant de l’intelligentsia de gauche britannique, David Goodhart, cette version « progressiste » de la « préférence nationale » trouve une nouvelle respectabilité.

Pour sauver l’Etat-Providence et l’idée même de la solidarité, il faudrait donc restreindre les flux migratoires, y compris à l’intérieur de l’union européenne élargie ; réserver le travail le logement ou les prestations de l’État-providence aux vrais citoyens ; mettre fin au « laissez-faire multiculturaliste » qui permet aux musulmans de faire passer avant leur citoyenneté une identité religieuse dont certains principes ne s’accordent pas avec nos sociétés libérales.

Si les problèmes soulevés sont bien réels, il me semble que l’on se trompe ici de diagnostic et de remède.

Une politique pro-croissance et pro-capital est nécessaire et possible

Créativité

Dans la newsletter Détroyat Associés, Alain Madelin montre comment seule une politique de reflation capitaliste peut éviter les souffrances et les désordres de la déflation salariale et de l’austérité.

Détroyat Associés : Le capital n’a pas bonne presse en France. Quelle en est la raison ? N’en n’avons-nous pas besoin pour assurer la reprise économique ?

Alain Madelin : Si le  capital n’a pas bonne presse en France, n’oublions pas que l’épargne  – qui n’est qu’un autre nom donné au capital est, elle, populaire.

Cela étant, nous traversons une époque de fort ralentissement économique, voire de croissance zéro. Or, génétiquement, culturellement, nous vivons encore partiellement sur l’héritage de la civilisation agricole, marquée par des siècles sans croissance où la richesse – le capital – provenait de la violence, du pillage ou de l’exploitation d’autrui. D’où la condamnation morale du profit par les Eglises encore très prégnante dans nos mentalités. En fait, l’acceptation des inégalités et du capital est très liée à la croissance car au fond, dans une situation de forte croissance, chacun peut se dire : « les inégalités et la possession par certains d’un fort capital m’importent peu si j’ai le sentiment que ces derniers conduisent un TGV dans lequel je peux monter ». Après tout, si Bill Gates ou Steeve Jobs sont loin devant en matière de revenus, mais si leur activité favorise une forte croissance qui bénéficie à tous et que personne ne reste à quai, dans ce cas-là, le capital a bonne presse, il apparaît utile et les inégalités elles-mêmes, semblent « fécondes ».

« Laissez-nous faire! »

ALAIN MADELIN

Après près d’un an d’absence, Alain Madelin revient défendre le libre échange, la liberté de choix et d’action à travers cet article initialement publié dans Le Figaro du 29 novembre 2013.

Cet article est le « Coup de coeur » de Michel Field du 29 novembre sur LCI matin.

Le Figaro : L’impopularité de l’éxecutif est historique, la jacquerie fiscale se propage, le chômage est au plus haut. Vit-on une crise de confiance généralisée ?

Alain Madelin : Nous sommes entrés dans des temps révolutionnaires.
La révolte des bretons contre les taxes qu’on veut imposer sur leurs routes et les frondes qu’elle a libérées en sont le signe avant-coureur.
Le pouvoir d’ailleurs ne s’y est pas trompé. Pour reprendre le contrôle d’une situation qui lui échappe, voici qu’il annonce précipitamment une remise à plat de notre fiscalité en tentant de canaliser le débat entre les partenaires sociaux et les parlementaires.

L.F: En quoi le mouvement social des bonnets rouges se distingue-t-il de ceux que nous vivons périodiquement depuis des décennies en France?

Lorsque l’exception fiscale française devient une norme durable, cela créé un cataclysme économique

pigeons

Au-delà de la réaction des pigeons, qui illustre quelques cas particuliers, le problème de fond est celui d’avoir transformé un slogan politique simpliste en mesure gouvernementale : «les revenus du capital devrait être taxés comme les revenus du travail».

 

Partagé par la droite et par la gauche, ce slogan réalise une fausse symétrie : les revenus du capital ne sont pas du tout de même nature que ceux du travail. Cette erreur d’analyse entraîne aujourd’hui un cataclysme fiscal. Je rappelle que le capital c’est de l’épargne, et l’épargne c’est du travail accumulé qui a déjà payé l’impôt sur le revenu.

Réouverture de la chasse aux Roms

Roms

Dans un billet d’actualité, « Réouverture de la chasse aux Roms » publié par le Huffington Post, Alain Madelin revient sur la vraie « Règle d’or », celle de la philosophie, celle qui est à la base de toutes les morales ; qui est inscrite dans la nature humaine ; celle qui est à la source de nos droits de l’homme et qui préside à l’idée de justice sociale ; celle qui consiste à se mettre à la place d’autrui pour dire « faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils fassent pour vous dans la même situation ». (A tous les autres lorsque celle-ci implique plusieurs protagonistes). Ou encore sous une autre forme : « ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu’ils te fissent dans la même situation ».

LA CSG SOCIALE EST UNE FAUSSE BONNE IDEE, TOUT COMME LA « TVA SOCIALE »

CSG sociale

Tous ceux qui ont aimé la « TVA sociale », adorent aujourd’hui la CSG sociale dont le gouvernement a imprudemment tracé la perspective.

En revanche, ceux qui – comme moi  -ont  combattu les projets de « TVA sociale » ne peuvent qu’être hostiles à la « CSG sociale » car la plupart des arguments hier opposables au transfert d’une partie des cotisations sociales vers la TVA valent aujourd’hui pour un transfert vers la CSG[1].

 

Tout comme pour la « TVA sociale », le coût politique d’un tel transfert vers la CSG serait très élevé pour un gain de compétitivité dérisoire, provisoire et illusoire.

Interview d’Alain Madelin dans Les Echos du 23 avril 2012

Les_echos

« Le futur président se heurtera au choc des réalités » 

L’ancien ministre de l’Economie juge que la campagne n’a pas traité les questions de fond et que la stratégie « clivante » de Nicolas Sarkozy n’était sans doute pas la bonne. L’ancien ministre de l’Economie juge que la campagne n’a pas traité les questions de fond et que la stratégie « clivante » de Nicolas Sarkozy n’était sans doute pas la bonne.

LES ECHOS : Comment analysez-vous les résultats de ce premier tour ?

Alain MADELIN : La France n’échappe pas à la règle qui veut que tous les gouvernants qui se représentent soient désavoués dans les urnes. Mais il faudra s’interroger sur la stratégie de clivage, d’exaltation d’un protectionnisme français et de rejet de l’Europe libérale adoptée par le président sortant. Quant au score de Marine Le Pen, il montre qu’à trop légitimer le protectionnisme, on court le risque de trouver plus protectionniste que soi.

Enfin une initiative européenne de croissance ; la France absente

Europe

C’est un événement fort dont on a peu parlé : la lettre envoyée par 11 premiers ministres européens conservateurs et libéraux à Herman Van Rompuy et Manuel Barroso pour préparer le prochain sommet européen et proposer une initiative de croissance. Signataires : les premiers ministres de Grande Bretagne (David Cameron, des Pays-Bas (Mark Rutte), de l’Italie (Mario Monti), de l’Estonie (Andrus Ansip), de la Lettonie (Valdis Dombrovskis), de l’Irlande (Enda Kenny), de la République Tchèque (Petr Necas), de la Slovaquie (Iveta Radicova), de l’Espagne (Mariano Rajoy), de la Suède (Fredrik Reinfeldt) et de la Pologne (Donald Tusk).

Prime pour l’emploi : déshabiller Pierre pour habiller Pierre

prime à l'emploi

« Candidat-Président échangerait suppression Prime pour l’emploi contre suppression de charges salariales sur bas salaires ». Telle pourrait être, en résumé, la dernière petite annonce de la campagne électorale.

Si l’idée de reconsidérer la Prime pour l’emploi est en soi excellente, la proposition l’est beaucoup moins.

D’un côté, on supprime la Prime pour l’emploi versée à environ 7 millions de foyers (coût 2,5 milliards). De l’autre, on augmente le salaire net des personnes rémunérées entre 1 et 1,2 Smic à concurrence de la suppression des cotisations sociales salariales sur cette tranche de salaires.

Un bon droit à la formation professionnelle vaut mieux qu’un mauvais référendum

Formation professionnelle

Le Premier Ministre est venu fort opportunément et fort habilement – corriger la proposition faite par son Président – d’organiser un référendum pour dire « si les chômeurs avaient le droit de refuser une formation ou un emploi ». J’ai dit tout le mal qu’il fallait penser d’une telle idée (voir http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/le-probleme-cest-le-chomage-pas-les-chomeurs/)
dont la formulation était manifestement calibrée pour flatter une opinion populaire assez facilement séduite par la stigmatisation des chômeurs et de l’assistanat.
La proposition du Premier Ministre se fait plus raisonnable. Il ne s’agit plus que d’organiser, le cas échéant, un référendum sur le question de savoir si les français approuvent le transfert des crédits de la formation professionnelle vers la formation des demandeurs d’emploi.
Sans doute ne faut-il pas là prendre  le Premier Ministre au pied de la lettre car nul n’imagine un
transfert portant sur la totalité de ces crédits par ailleurs bien utile à la formation des salariés.