Enfin une initiative européenne de croissance ; la France absente

Europe

C’est un événement fort dont on a peu parlé : la lettre envoyée par 11 premiers ministres européens conservateurs et libéraux à Herman Van Rompuy et Manuel Barroso pour préparer le prochain sommet européen et proposer une initiative de croissance. Signataires : les premiers ministres de Grande Bretagne (David Cameron, des Pays-Bas (Mark Rutte), de l’Italie (Mario Monti), de l’Estonie (Andrus Ansip), de la Lettonie (Valdis Dombrovskis), de l’Irlande (Enda Kenny), de la République Tchèque (Petr Necas), de la Slovaquie (Iveta Radicova), de l’Espagne (Mariano Rajoy), de la Suède (Fredrik Reinfeldt) et de la Pologne (Donald Tusk).

Ce programme de croissance (http://blog.turgot.org/index.php?post/Croissance-Europe) est tout entier tourné vers la stimulation de l’offre, le renforcement de la concurrence et l’ouverture des marchés.

 

Pêle mêle, l’achèvement du marché unique, l’élimination des obstacles qui entravent la concurrence et l’accès aux marchés, l’ouverture du marché des services, l’achèvement d’un véritable marché unique de l’énergie, la mise en place d’un espace unique de transport européen, l’ouverture de l’Europe au libre échange et le renforcement de l’intégration économique avec les Etats-Unis, la réduction du fardeau règlementaire qui pèse sur les entreprises, la réduction du nombre des professions règlementaires, des mesures en faveur du bon fonctionnement du marché du travail, le renforcement du capital risque ou encore des mesures visant à renforcer la solidité du secteur financier en responsabilisant les banques et en faisant supporter à celles-ci et non aux contribuables européens le coût de leurs engagements risqués.

 

Pas question de grands travaux financés par des emprunts européens, de politiques d’harmonisation fiscale ou sociale, ou de propositions de taxes aux frontières de l’Europe comme le proposent la quasi-totalité des candidats à l’élection présidentielle française.

 

Voilà qui est rafraichissant !

7 Reponses à Enfin une initiative européenne de croissance ; la France absente

  1. Samuel Gion dit :

    Ce programme est sans aucun doute de nature à renforcer la croissance.

    Mais une inconnue essentielle demeure : la croissance crée-t-elle encore de l’emploi ? (de l’emploi correctement rémunéré, ou même de l’emploi tout court…)

    Depuis 10 ans, un chômage structurel s’installe aux Etats-Unis, en dépit d’années de croissance. Le succès allemand contre le chômage est largement un maquillage (explosion du chômage partiel et des minijobs) malgré un dynamisme certain de l’industrie et du commerce extérieur.

    Les positions de la gauche et de la droite françaises, foncièrement étatistes, animées par la pensée magique que l’économique doit se soumettre au politique, sont certes archaïques. Mais que dire d’un pragmatisme libéral qui ne prendrait pas en compte l’évolution technologique de plus en plus rapide qui tend à rendre obsolète le travail humain, de l’industrie au tertiaire supérieur ?

    Ca fait deux cents ans que les Luddites ont dit que les machines remplaceraient les hommes, et deux cents ans qu’ils ont été démentis par les faits : les emplois détruits ont été remplacés par de nouveaux métiers. Mais si on était en train d’atteindre une limite, s’ils avaient finalement raison ?

    Quand les pilotes de chasse de l’US Air Force sont remplacés par des robots, quand l’automatisation détruit des emplois de chirurgiens, de chercheurs (http://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/20090403.OBS2014/vers-la-robotisation-des-decouvertes-scientifiques.html) , de cadres sup’, il est temps de repenser notre modèle économique. Si la rareté disparaît, y compris la rareté de la force de travail qualifiée, qu’est-ce qui a de la valeur ?

    Pour répondre à un précédent post intitulé « il nous faut un nouveau Karl Marx », je me permet de répondre « Non » et « Il est déjà là. »
    Nous voyons tous les jours de nouvelles expériences, de nouvelles façons à la fois très libérales et très coopératives de produire de la richesse et des idées. Nous voyons s’appliquer aussi bien une concurrence de plus en plus pure, que l’émergence de l’échange et du don. Nous serons tous, et nous sommes peut-être déjà, le prochain Karl Marx. Ca mérite d’en débattre… :)

    • JFD dit :

      @SanuelGion

      Vous devriez lire le livre de Henri Hazlitt : l’économie politique en une leçon. Toutes les réponses que vous vous posez sont dedans !! Ecrit en 1949 !

      JFD

    • Guillaume dit :

      Bonsoir,

      vous dites:
      « Les positions de la gauche et de la droite françaises, foncièrement étatistes, animées par la pensée magique que l’économique doit se soumettre au politique, sont certes archaïques.  »

      C’est une posture idéologique qui mérite d’être contestée.
      Comment une société peut elle être démocratique si sa politique n’a pas d’incidence en matière économique ? Faudrait il admettre que le pouvoir réel soit entre les mains d’une poignée de financiers qui n’ont à répondre de personne ? pas même de la souveraineté du peuple ?

      Il ne s’agit pas d’une pensée « magique », l’économie n’a rien de mystique, il s’agit de savoir comment répartir les richesses entre les hommes et par quels moyens. A ce titre, l’État est un outil légitime, en tant qu’instrument démocratique de la volonté des citoyens, pour utiliser cette complexe mécanique de flux et de biens.

      Actuellement, les États Européens, fussent ils démocratiquement élus (quand c’est encore le cas) sont, dans leur politique financière et économique, directement soumis aux investisseurs privés, aux banques d’affaires et aux mouvements de spéculation mondiaux. Cette vulnérabilité s’illustre bien souvent par des régressions sociales, parfois extrêmement violentes, que les populations ne supporteront pas bien longtemps sans réagir.

      Guillaume.

  2. Gépé dit :

    Oui,il faut trouver une explication au fonctionnement de l’économie.On a le travail,le capital,mais il y a surtout l’énergie.Ce ne sont pas les machines qui créent la richesse,mais l’énergie qu’elles consomment ou qu’elles produisent,et le capital humain qui permet de construire les machines et d’utiliser l’énergie.Taxer le travail sans taxer l’énergie crée le chomage.Taxons le travail ET l’énergie et évitons de taxer le capital monétaire et surtout le capital humain pour ne pas décourager la croissance.Ce n’est plus capital-travail,mais travail-énergie qui doit être à la base de notre raisonnement.Que les économistes développent cette manière de concevoir l’économie!
    -L’énergie remplace le travail et nous procure le bien-être,
    le travail produit de l’énergie et permet d’acquérir de l’énergie.
    -L’énergie importée nous appauvrit,
    l’énergie que nous produisons augmente notre richesse.

  3. Claude Lesage dit :

    Le Marxisme et ses dérives : Non merci ! Toutefois, l’opportunité d’amener la réflexion de nos gouvernants sur une nouvelle modélisation de nos valeurs démocratiques, située entre l’ultra-libéralisme (et ses lacunes) et le communisme, devrait permettre de recentrer le débat sur la finalité de l’économie qui DOIT nécessairement être sociale c’est-à-dire dont les fruits profitent à la majorité tout en assurant une pérennité du tissu industriel et d’affaires et une juste rémunération du capital investi.

    En résumé, il nous faut trouver un nouveau système de valeur qui empreinte les avantages de l’ultra libéralisme et du communisme et minimise voir annihile leurs défauts. Bon courage à nos politiciens !

  4. Il eut été formidable de voir notre président signer cette lettre au lieu de cela il préfère nous offrir une sorte de gloubiboulga mêlant socialisme économique et discours nationaliste c’est affligeant et voila pourquoi les libéraux nous ne voterons pas pour lui et nous abstiendront sûrement

  5. Courant dit :

    Cher Alain madelin, la France est en train de choisir son destion à travers une élection majeure et suite à une camapgne animée, et vous voilà silencieux ! Etonnant, non, de la part d’un homme qui a des convictions. Au lendemain du 1er tour, dites-nous si vous venez au secours ou non d’une droite dont vous avez combattu beaucoup de mesures et qui est désormais otage des chemises brunes (et non pas bleu marine).
    Cher Alain Madelin, ici sur votre blog ou ailleurs en d’autres tribunes, la parole est à vous. Quel choix pour la France : Sarkozy 2 ou non ?

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