Billets

L’immigration ne fait pas échec à l’Etat Providence

Image pour immigration

Dans les pages « Idées » du magazine Le Point du 20 novembre 2014, Alain Madelin répond au britannique David Goodheart qui développe une critique de gauche de l’immigration qui ruinerait l’Etat Providence et minerait même l’idée de solidarité.

« Ainsi donc les immigrés sont trop nombreux, trop différents de nous et trop coûteux pour notre économie et notre État-providence. Cette thèse n’a rien de bien neuf. Partout elle rencontre un fort écho populaire et alimente des partis xénophobes.

Ce qui mérite l’attention, c’est qu’exprimée ici par un représentant de l’intelligentsia de gauche britannique, David Goodhart, cette version « progressiste » de la « préférence nationale » trouve une nouvelle respectabilité.

Pour sauver l’Etat-Providence et l’idée même de la solidarité, il faudrait donc restreindre les flux migratoires, y compris à l’intérieur de l’union européenne élargie ; réserver le travail le logement ou les prestations de l’État-providence aux vrais citoyens ; mettre fin au « laissez-faire multiculturaliste » qui permet aux musulmans de faire passer avant leur citoyenneté une identité religieuse dont certains principes ne s’accordent pas avec nos sociétés libérales.

Si les problèmes soulevés sont bien réels, il me semble que l’on se trompe ici de diagnostic et de remède.

Réouverture de la chasse aux Roms

A 6 heures du matin donc, ce 20 août, à la demande du maire d’Evry, sur les terres du ministre de l’Intérieur et à sa demande, les pelleteuses ont détruit le campement sauvage que 70 Roms avaient installé sur un terrain public. Il parait qu’il y avait urgence. Pourtant, voilà 3 ou 4 mois que cette occupation illégale perdurait et une décision de justice était attendue pour les jours suivants. La police n’a pas attendu. On casse d’abord, on juge après.

Il y avait manifestement là – et c’est tout le problème – la volonté de faire de cette opération un exemple, un symbole, de fermeté politique. De ce point de vue, l’opération est réussie. Menée de main de maître, elle assure un triomphe à l’applaudimètre quelques jours plus tard devant les militants socialistes réunis à la Rochelle. Comme devant un très banal meeting UMP ! La France peut applaudir, l’indignation est en vacances.

Les deux chiffres

Les deux chiffres qui ridiculisent la « TVA sociale » : un gain de 0,4% pour l’industrie, 132 000 euros par emploi !

 

Le premier chiffre est issu du rapport de Gilles Carrez (UMP) sur le collectif de baisse de charges patronales liées à la « TVA sociale » : 3,3 milliards iront vers l’industrie.

 

Ce qui pour un chiffre d’affaires global de l’industrie de 800 milliards HT (et hors énergie) correspond à un gain total de 0,4% que les entreprises décideront ou non de répercuter dans leur prix.

Vive la croissance, Viva Monti

Répétons le, il n’y a pas de sortie du piège de la dette publique sans retour à une forte croissance. Pour devenir soutenable, la dette doit voir ses taux d’intérêts passer durablement sous le taux de croissance.

C’est dire que les solutions avancées en France par les deux grands candidats, à savoir diminuer la dépense publique et augmenter les impôts (dans des proportions et des modalités variables) ne peuvent que conduire à l’impasse.

La « guerre des changes » est (re)déclenchée… !

Le Japon est intervenu lundi sur le marché pour affaiblir le Yen face au Dollar, la Chine rechigne toujours à réévaluer le Yuan, les États-Unis ripostent… La crise ne semble pas avoir changé les us et coutumes monétaires mondiales. Derrière la question du protectionnisme se cache le grave problème des déséquilibres monétaires.

Forcer la convergence franco-allemande, c’est rendre un mauvais service à l’Euro

Atlantico : Qu’avez-vous pensé de l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy de ce jeudi soir ?

Alain Madelin : C’est une intervention réussie car le Président a fait preuve de pédagogie sur le sommet de Bruxelles. Il a bien expliqué pourquoi il fallait aider la Grèce et pourquoi les décisions qui ont été adoptées vont dans le bon sens. Il n’en reste pas moins que la question de fond, celle de la compétitivité et de la croissance, reste posée à l’échelle de la Grèce, de l’Europe et de la France. 

Montebourg est-il déjà installé à l’Elysée ?

Etonnante interview d’Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy au « Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro » dimanche.

En deux mots, pour Henri Guaino, Montebourg fait une analyse lucide de la mondialisation et pose les bonnes questions sur la démondialisation (« il post les problèmes que tout le monde se pose ») ; Nicolas Sarkozy apporte les bonnes réponses. Plus encore, comme le note le Figaro du 17 octobre « Plus généralement, le conseiller estime que les solutions proposées par les candidats à la primaire sont « soit déjà celles que la France défend, que les gaullistes Philippe Séguin, ont toujours défendues », soit masquent « une absence totale de solutions ».

Comment éviter la crise de la zone euro.

Dans une interview au site Atlantico, Alain Madelin détaille les ingrédients d’une solution – certes encore provisoire – à la crise grecque, qui permette d’éviter une crise d’ensemble de la zone euro.

Sur BFM TV, après la victoire de la gauche au Sénat, je me suis mis un instant à la place de Nicolas Sarkozy pour tenir le discours suivant :

« Mes Chers Compatriotes,

Le Sénat est désormais dirigé par une majorité de gauche, c’est une défaite pour les miens, je le regrette mais comme Président de la République, je tends la main au Sénat et à son nouveau Président.

Nous avons besoin d’une politique de courage comme l’a justement nommé François Bayrou.

«Il y a le feu à la maison grecque. Ne pas éteindre ce feu, c’est prendre le risque de propager l’incendie à toute la maison Europe»

L’EST RÉPUBLICAIN : La Grèce est elle en faillite ? Remboursera-t-elle un jour le moindre centime de ses dettes ?

ALAIN MADELIN : Indiscutablement, la Grèce ne pourra pas rembourser l’intégralité de ses dettes. La facture de ses défauts sera donc épongée par la solidarité européenne, c’est-à-dire par les contribuables et par les prêteurs, banques et assurances, qui ont été attirés par les hauts rendements des obligations grecques. Le plus tôt sera le mieux car la maladie grecque s’apparente au tonneau des Danaïdes. En conservant son drachme, la Grèce n’aurait pas pu s’endetter inconsidérément comme elle l’a fait sous le parapluie de l’euro. Aujourd’hui, c’est l’heure de vérité. Certains ne veulent pas payer pour les Grecs et leurs erreurs. Mais il y a le feu à la maison grecque et ne pas éteindre ce feu, c’est prendre le risque de propager l’incendie à toute la maison Europe. Sauver la Grèce, c’est se sauver nous mêmes…