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	<title>Libre échange avec Alain Madelin</title>
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		<title>Interview d&#8217;Alain Madelin dans Les Echos du 23 avril 2012</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/interview-dalain-madelin-dans-les-echos-du-23-avril-2012/</link>
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		<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 12:55:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

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		<description><![CDATA[« Le futur président se heurtera au choc des réalités »  L&#8217;ancien ministre de l&#8217;Economie juge que la campagne n&#8217;a pas traité les questions de fond et que la stratégie « clivante » de Nicolas Sarkozy n&#8217;était sans doute pas la bonne. L&#8217;ancien ministre de l&#8217;Economie juge que la campagne n&#8217;a pas traité les questions de fond et que la]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;" align="center"><strong>« Le futur président se heurtera au choc des réalités »</strong><strong> </strong></p>
<h4>L&#8217;ancien ministre de l&#8217;Economie juge que la campagne n&#8217;a pas traité les questions de fond et que la stratégie « clivante » de Nicolas Sarkozy n&#8217;était sans doute pas la bonne. L&#8217;ancien ministre de l&#8217;Economie juge que la campagne n&#8217;a pas traité les questions de fond et que la stratégie « clivante » de Nicolas Sarkozy n&#8217;était sans doute pas la bonne.</h4>
<h4>LES ECHOS : Comment analysez-vous les résultats de ce premier tour ?</h4>
<p>Alain MADELIN : La France n&#8217;échappe pas à la règle qui veut que tous les gouvernants qui se représentent soient désavoués dans les urnes. Mais il faudra s&#8217;interroger sur la stratégie de clivage, d&#8217;exaltation d&#8217;un protectionnisme français et de rejet de l&#8217;Europe libérale adoptée par le président sortant. Quant au score de Marine Le Pen, il montre qu&#8217;à trop légitimer le protectionnisme, on court le risque de trouver plus protectionniste que soi.<span id="more-853"></span></p>
<h4>LES ECHOS : Quel regard portez-vous sur la campagne électorale ?</h4>
<p>Alain MADELIN : Il existe un décalage énorme entre l&#8217;offre politique indigente présentée par tous les candidats et les enjeux de cette élection. La presse étrangère ne s&#8217;est pas privée de pointer la campagne la plus frivole des pays occidentaux. Les questions de fond n&#8217;ont pas été traitées. Pis, les politiques proposées, notamment en matière de fiscalité, auraient tôt fait de casser tout éventuel retour de la croissance. Si les candidats devaient appliquer leur programme, quel que soit l&#8217;élu, la France serait la championne du monde des impôts et des taxes.</p>
<h4>LES ECHOS : Qui a le mieux porté, selon vous, les idées libérales ?</h4>
<p>Alain MADELIN : Aucun candidat n&#8217;a porté les idées de libre-échange et d&#8217;économie de marché dans la campagne. On recommande à la Grèce, l&#8217;Espagne ou l&#8217;Italie, pour sortir de leurs difficultés, de s&#8217;ouvrir et de privatiser. Mais en France, plus personne ne parle de privatisations ou d&#8217;épargne retraite&#8230; Toute remise en cause du rôle de l&#8217;Etat apparaît comme une attaque contre notre identité culturelle. Toute l&#8217;offre politique vise au retour d&#8217;un Etat protecteur et producteur. Selon un sondage récent effectué dans 25 pays, à peine un tiers de Français sont attachés au libre-échange, contre 70 % dans des pays comme la Chine ou le Brésil. Résultat, nos hommes politiques s&#8217;adressent d&#8217;abord à ce pôle dominant de l&#8217;électorat.</p>
<h4>LES ECHOS : Verra-t-on reparaître ces questions de fond à l&#8217;occasion de la campagne du second tour ?</h4>
<p>Alain MADELIN : Il est souhaitable que les débats du second tour en finissent avec les boucs émissaires trop faciles -la finance, les riches, les exilés fiscaux, les immigrés&#8230; -pour nous ramener à la question clef de la croissance. L&#8217;austérité ne suffira pas. Nous avons besoin de croissance. Cela passe inévitablement par une baisse de la dépense publique, un recentrage de l&#8217;Etat sur ses vraies fonctions et la libéralisation de l&#8217;économie, au moyen d&#8217;un renforcement de la concurrence et d&#8217;une fiscalité favorable à la croissance. Quel qu&#8217;il soit, le futur président se heurtera au choc des réalités.</p>
<p><strong>Propos recueillis par Jean-Claude Lewandowski</strong></p>
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		<title>Enfin une initiative européenne de croissance ; la France absente</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/enfin-une-initiative-europeenne-de-croissance-la-france-absente/</link>
		<comments>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/enfin-une-initiative-europeenne-de-croissance-la-france-absente/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 29 Feb 2012 13:23:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est un événement fort dont on a peu parlé : la lettre envoyée par 11 premiers ministres européens conservateurs et libéraux à Herman Van Rompuy et Manuel Barroso pour préparer le prochain sommet européen et proposer une initiative de croissance. Signataires : les premiers ministres de Grande Bretagne (David Cameron, des Pays-Bas (Mark Rutte), de l’Italie (Mario]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un événement fort dont on a peu parlé : la lettre envoyée par 11 premiers ministres européens conservateurs et libéraux à Herman Van Rompuy et Manuel Barroso pour préparer le prochain sommet européen et proposer une initiative de croissance. Signataires : les premiers ministres de Grande Bretagne (David Cameron, des Pays-Bas (Mark Rutte), de l’Italie (Mario Monti), de l’Estonie (Andrus Ansip), de la Lettonie (Valdis Dombrovskis), de l’Irlande (Enda Kenny), de la République Tchèque (Petr Necas), de la Slovaquie (Iveta Radicova), de l’Espagne (Mariano Rajoy), de la Suède (Fredrik Reinfeldt) et de la Pologne (Donald Tusk).</p>
<p><span id="more-833"></span></p>
<p>Ce programme de croissance (<a href="http://blog.turgot.org/index.php?post/Croissance-Europe">http://blog.turgot.org/index.php?post/Croissance-Europe</a>) est tout entier tourné vers la stimulation de l’offre, le renforcement de la concurrence et l’ouverture des marchés.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pêle mêle, l’achèvement du marché unique, l’élimination des obstacles qui entravent la concurrence et l’accès aux marchés, l’ouverture du marché des services, l’achèvement d’un véritable marché unique de l’énergie, la mise en place d’un espace unique de transport européen, l’ouverture de l’Europe au libre échange et le renforcement de l’intégration économique avec les Etats-Unis, la réduction du fardeau règlementaire qui pèse sur les entreprises, la réduction du nombre des professions règlementaires, des mesures en faveur du bon fonctionnement du marché du travail, le renforcement du capital risque ou encore des mesures visant à renforcer la solidité du secteur financier en responsabilisant les banques et en faisant supporter à celles-ci et non aux contribuables européens le coût de leurs engagements risqués.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pas question de grands travaux financés par des emprunts européens, de politiques d’harmonisation fiscale ou sociale, ou de propositions de taxes aux frontières de l’Europe comme le proposent la quasi-totalité des candidats à l’élection présidentielle française.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Voilà qui est rafraichissant !</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Prime pour l’emploi : déshabiller Pierre pour habiller Pierre</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/prime-pour-lemploi-deshabiller-pierre-pour-habiller-pierre/</link>
		<comments>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/prime-pour-lemploi-deshabiller-pierre-pour-habiller-pierre/#comments</comments>
		<pubDate>Fri, 24 Feb 2012 11:00:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

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		<description><![CDATA[« Candidat-Président échangerait suppression Prime pour l’emploi contre suppression de charges salariales sur bas salaires ». Telle pourrait être, en résumé, la dernière petite annonce de la campagne électorale. Si l’idée de reconsidérer la Prime pour l’emploi est en soi excellente, la proposition l’est beaucoup moins. D’un côté, on supprime la Prime pour l’emploi versée à environ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">« Candidat-Président échangerait suppression Prime pour l’emploi contre suppression de charges salariales sur bas salaires ». Telle pourrait être, en résumé, la dernière petite annonce de la campagne électorale.</p>
<p dir="ltr">Si l’idée de reconsidérer la Prime pour l’emploi est en soi excellente, la proposition l’est beaucoup moins.</p>
<p dir="ltr">D’un côté, on supprime la Prime pour l’emploi versée à environ 7 millions de foyers (coût 2,5 milliards). De l’autre, on augmente le salaire net des personnes rémunérées entre 1 et 1,2 Smic à concurrence de la suppression des cotisations sociales salariales sur cette tranche de salaires.<span id="more-818"></span></p>
<p dir="ltr">En fait il s’agit là pour l’essentiel de déshabiller Pierre pour habiller Pierre. Ce qu’un salarié gagnera d’un côté sur sa feuille de paie, il le perdra de l’autre du fait de la suppression de la Prime pour l’emploi. Le gain global sera même légèrement supérieur  puisque pour faire bonne figure, on ajoutera à ce transfert 1,5 milliards de prélèvements supplémentaires sur les revenus financiers. Ce nouveau dispositif, s’il devait un jour entrer en vigueur, laisserait cependant beaucoup de bénéficiaires actuels de la PPE car son champ d’application n’est pas le même.</p>
<p dir="ltr">Il subventionne les bas salaires quand la PPE vise à aider les travailleurs pauvres, et même plus précisément les foyers de travailleurs pauvres (quelque soit l’activité professionnelle exercée).</p>
<p dir="ltr">Tout se passe comme si l’objectif n’était pas tant de réformer le dispositif d’aides aux travailleurs pauvres et d’inciter à la reprise du travail que de contrebalancer le cadeau de la « TVA sociale » par un geste en faveur des salariés les plus modestes. Les inconvénients d’un tel troc sont nombreux. Il réduit le champ de la solidarité nationale. Il accentue l’effet de seuil des exonérations de charges qui enferment trop de français dans une trappe à bas salaires. Subventionner les bas salaires, c’est les multiplier et engager la France dans la voie d’une dangereuse « smicardisation ». Il y a beaucoup de Gribouille dans les politiques successives d’exonérations de charges qui ont d’abord cherché à compenser les augmentations artificielles du salaire minimum par des exonérations de charges. Qui ont subventionné le « travailler moins » des 35 heures au travers d’allègements de charges pour encourager ensuite le « travailler plus » par de nouvelles exonérations de charges sur les heures supplémentaires ! Qui ont encore institué une Prime pour l’emploi au profit des travailleurs pauvres pour tenter de contrebalancer les effets de cette « smicardisation » tout en multipliant les niches fiscales afin d’atténuer la surtaxation du travail qualifié ! Et qui aujourd’hui proposent de supprimer la Prime pour l’emploi au profit de nouvelles exonérations de charges sur les très bas salaires au risque de renforcer la trappe à bas salaires !</p>
<p dir="ltr">Enfin surtout la mesure proposée passe à côté d’une bonne réforme de la PPE.</p>
<p dir="ltr">En 2001, lors de la création de la Prime pour l’emploi par le gouvernement Jospin, j’avais alors salué l’idée, soutenu la mesure  et montré ses limites.</p>
<p dir="ltr">L’idée était pour beaucoup de créer un « impôt négatif » à la française, à savoir une allocation dégressive servie à tous les citoyens dont les revenus étaient nuls ou faibles et visant à faciliter le retour au travail.</p>
<p dir="ltr">Une idée inspirée de l’ « earned income tax credit » instituée dans les années 70 aux Etats-Unis ou du « working family tax credit » de John Major et Tony Blair en Angleterre et vivement soutenue alors par le Conseil d’Analyse Economique auprès de Lionel Jospin qui recommandait la création d’une « allocation universelle » ajustée sur la composition du ménage, se rapprochant le plus possible de ce qu’il appelait « le système idéal de l’impôt négatif ».</p>
<p dir="ltr">Hélas, après avoir imaginé un crédit d’impôt imputable sur la CSG, cette proposition audacieuse se réduira &#8211; après son invalidation par le Conseil Constitutionnel &#8211;  à l’ajout d’une Prime pour l’emploi aux dispositifs sociaux existants.</p>
<p dir="ltr">Très rapidement, la PPE a montré ses limites. Elle est vivement critiqué depuis longtemps par la Cour des Comptes en raison de son mauvais ciblage (elle ne concerne ni les actifs les plus précaires, ni les temps très partiel). Sa gestion et son efficacité laissent à douter.</p>
<p dir="ltr">Et surtout, depuis la transformation du RMI en RSA, l’articulation des deux dispositifs est plus que brinque-balante (faute d’avoir su fusionner les PPE et RSA comme ce fut un temps envisagé).</p>
<p dir="ltr">Remettre en question la Prime pour l’emploi aujourd’hui serait rouvrir le chantier du filet de solidarité minimum que l’on doit aux français dans l’esprit d’un « revenu familial garanti »(voir : <a href="http://tinyurl.com/5vlkte2">http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/un-revenu-minimum-garanti-pour-tous-les-francais/</a>) afin d’assurer à tous :</p>
<ul>
<li>
<p dir="ltr">un revenu minimum d’inactivité ayant vocation à se substituer de façon plus simple et plus équitable à la jungle de  nos minima sociaux.</p>
</li>
<li>
<p dir="ltr">un revenu familial garanti jusqu’à un certain plafond favorisant la reprise d’activité au moyen d’un complément de revenu dégressif.</p>
</li>
</ul>
<p dir="ltr">Alors encore un peu de courage, un peu d’imagination, et encore un effort pour proposer à tous les français un vrai filet de protection sociale, clair, lisible, égalitaire, permettant de sortir de la pauvreté et d’accompagner le retour à l’emploi des exclus du travail.</p>
<p dir="ltr">Cet article est initialement paru sur le <a href="http://www.huffingtonpost.fr/alain-madelin/prime-pour-l-emploi_b_1297198.html?ref=france">Huffington Post</a>.</p>
<p dir="ltr">
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Un bon droit à la formation professionnelle vaut mieux qu’un mauvais référendum</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/un-bon-droit-a-la-formation-professionnelle-vaut-mieux-quun-mauvais-referendum/</link>
		<comments>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/un-bon-droit-a-la-formation-professionnelle-vaut-mieux-quun-mauvais-referendum/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 20 Feb 2012 07:31:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Premier Ministre est venu fort opportunément et fort habilement – corriger la proposition faite par son Président &#8211; d’organiser un référendum pour dire « si les chômeurs avaient le droit de refuser une formation ou un emploi ». J’ai dit tout le mal qu’il fallait penser d’une telle idée (voir http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/le-probleme-cest-le-chomage-pas-les-chomeurs/) dont la formulation]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Premier Ministre est venu fort opportunément et fort habilement – corriger la proposition faite par son Président &#8211; d’organiser un référendum pour dire « si les chômeurs avaient le droit de refuser une formation ou un emploi ». J’ai dit tout le mal qu’il fallait penser d’une telle idée (voir <a href="http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/le-probleme-cest-le-chomage-pas-les-chomeurs/">http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/le-probleme-cest-le-chomage-pas-les-chomeurs/</a>)<br />
dont la formulation était manifestement calibrée pour flatter une opinion populaire assez facilement séduite par la stigmatisation des chômeurs et de l’assistanat.<br />
La proposition du Premier Ministre se fait plus raisonnable. Il ne s’agit plus que d’organiser, le cas échéant, un référendum sur le question de savoir si les français approuvent le transfert des crédits de la formation professionnelle vers la formation des demandeurs d’emploi.<br />
Sans doute ne faut-il pas là prendre  le Premier Ministre au pied de la lettre car nul n’imagine un<br />
transfert portant sur la totalité de ces crédits par ailleurs bien utile à la formation des salariés.<span id="more-806"></span></p>
<p>Quoiqu’il en soit, dans son orientation, la mesure est plutôt bienvenue et il n’est guère besoin de référendum pour avancer dans cette direction.<br />
Face aux mutations nécessaires de notre tissu économique, il est absolument nécessaire de renforcer les dispositifs de formation des chômeurs.<br />
Nul besoin d’ailleurs d’assortir ces formations de l’obligation d’accepter l’emploi qui sera proposé. D’une part, parce que – les contrats emploi-formation l’ont montré – les chômeurs sont demandeurs du débouché d’une formation sur un emploi certain. D’autre part parce qu’il est très facile à celui qui vivrait l’emploi obligatoire proposé comme inacceptable de mettre son employeur en situation de rupture (les entreprises elles-mêmes ayant sans doute peut d’appétit pour ce « travail obligatoire »).<br />
Mais s’il s’agit de réformer la formation professionnelle, la meilleure proposition ne me paraît être celle du Premier Ministre. Si l’on veut vraiment innover, mieux vaudrait instituer un droit individuel à la formation.</p>
<p>Il s’agit de passer d’une logique de subvention aux organismes de formation à une logique de financement de la personne formée. Dans sa forme la plus achevée, on pourrait ainsi offrir à chacun un capital de formation tout au long de la vie. L’octroi d’un crédit formation – de 1 200 heures par exemple – à tous ceux qui ont quitté le système éducatif depuis plus de trois ans et qui n’auraient pu bénéficier d’un second cycle, s’inscrivait dans cette logique. Une partie de l’argent consacré à l’indemnisation des chômeurs pouvant être reconvertie en droits complémentaires. J’avais déjà tenté d’introduire cette idée dans la campagne de l’élection Présidentielle… de 2002. Jacques Delors avait aussi fait un temps des propositions dans le même sens avec sa défense de « l’éducation tout au long de la vie ».<br />
Déjà le « Droit Individuel à la Formation» a fait un premier pas dans cette direction, tout comme les « Chèques Formation » développés à l’initiative de la Bretagne qui permettent aux demandeurs d’emploi l’accès à une formation qualifiante.<br />
Demain, ce nouveau « crédit individuel de formation professionnelle » offrirait aux chômeurs la possibilité de souscrire par eux-mêmes – ou avec les conseils du Pôle Emploi &#8211; à une formation qualifiante – et mieux encore à des formations accompagnées d’offres d’emplois – en réorientant ainsi en souplesse  notre système de formation vers des offres plus adaptées aux besoins des entreprises.<br />
Je suis sûr qu’un tel dispositif de crédit formation individuel pourrait non seulement répondre au besoin de formation des chômeurs mais encore offrir de nouvelles chances aux malformés de notre système éducatif et répondre aux défis de la formation tout au long de la vie.<br />
Je ne doute pas non plus, qu’avec ou sans référendum, les français ne soutiennent ce nouveau droit à la formation.<br />
Il n’est pas besoin de cliver pour progresser.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Les deux chiffres</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/billets/les-deux-chiffres/</link>
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		<pubDate>Wed, 15 Feb 2012 09:34:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alainmadelin.fr/blog/?p=799</guid>
		<description><![CDATA[Les deux chiffres qui ridiculisent la « TVA sociale » : un gain de 0,4% pour l’industrie, 132 000 euros par emploi ! &#160; Le premier chiffre est issu du rapport de Gilles Carrez (UMP) sur le collectif de baisse de charges patronales liées à la « TVA sociale » : 3,3 milliards iront vers l’industrie. &#160; Ce qui pour un chiffre d’affaires]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les deux chiffres qui ridiculisent la « TVA sociale » : un gain de 0,4% pour l’industrie, 132 000 euros par emploi !</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Le premier chiffre</span> est issu du rapport de Gilles Carrez (UMP) sur le collectif de baisse de charges patronales liées à la « TVA sociale » : 3,3 milliards iront vers l’industrie.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce qui pour un chiffre d’affaires global de l’industrie de 800 milliards HT (et hors énergie) correspond à un <span style="text-decoration: underline;">gain total de 0,4%</span> que les entreprises décideront ou non de répercuter dans leur prix.</p>
<p><span id="more-799"></span></p>
<p>Dans <a href="http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/lextravagante-tva-sociale/">http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/lextravagante-tva-sociale/</a></p>
<p>je pronostique que les gains de compétitivité de la « TVA sociale » représenteraient une baisse de 0,5% du prix de vente HT pour un produit industriel moyen. Nous y sommes.</p>
<p>Vouloir faire croire qu’avec un tel choc de compétitivité, les entreprises cesseront de délocaliser ou relocaliseront est tout simplement ridicule.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span style="text-decoration: underline;">Le deuxième chiffre</span> est livré par le Ministère du budget : la « TVA sociale » devrait permettre de créer 100 000 emplois supplémentaires au cours des trois prochaines années.</p>
<p>Une affirmation qui a fait écrire à Philippe Mabille dans « la Tribune.fr » que c’était là « un pari audacieux et un mode de communication à la mode soviétique ».</p>
<p>Si baisser le coût du travail peu qualifié peut assurément contribuer à en élargir le nombre, il n’en va pas de même quand cette diminution du coût est artificielle et provient de prélèvements publics supplémentaires. Il y a alors « ce que l’on voit » : les emplois créés, et « ce que l’on ne voit pas » de l’autre : les emplois empêchés de naître de par ce prélèvement supplémentaire et la perte de compétitivité.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, même si l’on devait retenir cette estimation gouvernementale avantageuse, il n’en resterait pas moins que 100 000 emplois pour 13,2 milliards, cela fait <span style="text-decoration: underline;">132 000 euros par emploi créé </span>!</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Le problème, c’est le chômage, pas les chômeurs</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/le-probleme-cest-le-chomage-pas-les-chomeurs/</link>
		<comments>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/le-probleme-cest-le-chomage-pas-les-chomeurs/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 11 Feb 2012 13:02:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.alainmadelin.fr/blog/?p=783</guid>
		<description><![CDATA[En évoquant l’idée d’interroger directement les français par référendum pour savoir si « les chômeurs avaient le droit de refuser une formation ou un emploi », le Président de la République était assuré de déclencher une polémique. Assurément cette polémique était calculée et voulue par les fins stratèges populistes et droitiers de l’Elysée. Sans doute escomptent-ils aussi tendre un piège à la gauche et rabattre les électeurs du Front National. Mais la ficelle est trop grosse et le piège ne peut que se retourner contre eux.

Certes toutes les études d’opinion montrent qu’il existe une majorité de français pour expliquer les situations de pauvreté et d’exclusion par la « paresse » ou la « mauvaise volonté ». Dénoncer « l’assistanat » peut être politiquement payant. Mais là, la manœuvre est cousue de fil brun. Faire de cette question une affaire de « valeurs », dont on promet, le cas échéant, de laisser les français juges, contre des partenaires sociaux réfractaires ; traiter dans une même démarche référendaire les chômeurs comme des immigrés clandestins qu’il faudrait reconduire de force dans les frontières du travail ; instrumentaliser politiquement la détresse d’une partie de nos compatriotes, tout ceci constitue une faute lourde.

Ce que l’on attend d’un candidat, ce sont ses propositions pour sortir du chômage et non celles sur la meilleure façon de policer les chômeurs. C’est qu’il sache aussi – et c’est d’autant plus fort pour un président sortant – unir les français et organiser le dialogue social.

Dire cela, ce n’est pas nier qu’il puisse y avoir toujours besoin de mieux adapter notre système d’indemnisation du chômage, de formation et de recherche d’emploi.

Sans nul doute des fraudes existent. Tout comme pour les impôts ou l’ISF. Mais c’est là une affaire de contrôles et de sanctions. Assurément, il faut aussi tout faire pour éviter que des familles entières ne s'enferment dans l'assistance et dans la dépendance. Nul doute qu’il faille encore développer la formation des chômeurs, rendre plus incitatif le passage d’une situation de dépendance à une situation de travail (c’était l’objet du RSA).

Pour tout cela, tous les instruments existent déjà. Un chômeur qui refuse deux offres « raisonnables » d’emploi peut être radié. La formation peut être incluse dans un « projet personnalisé d’accès à l’emploi », et son refus peut entrainer des suspensions d’allocations. La recherche d’emploi est contrôlée.

On peut certes vouloir encore perfectionner ces dispositifs, s’inspirer des recommandations de l’OCDE, des expériences plus ou moins réussies menées dans les autres pays. Mais ceci – il faut le rappeler – est d’abord de la responsabilité des partenaires sociaux depuis 1958. L'assurance-chômage, ce n'est pas l'assistanat. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un mécanisme ou par des cotisations assises sur les salaires, ceux qui ont un travail souscrivent une assurance pour le jour où ils pourraient être au chômage. Ils ont des droits en contrepartie de leurs cotisations.

Aujourd’hui, la sagesse commande de renforcer le domaine contractuel autonome des partenaires sociaux. Il serait exécrable de voir l’Etat dicter sa loi à l’assurance-chômage.

 ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En évoquant l’idée d’interroger directement les français par référendum pour savoir si « les chômeurs avaient le droit de refuser une formation ou un emploi », le Président de la République était assuré de déclencher une polémique. Assurément cette polémique était calculée et voulue par les fins stratèges populistes et droitiers de l’Elysée. Sans doute escomptent-ils aussi tendre un piège à la gauche et rabattre les électeurs du Front National. Mais la ficelle est trop grosse et le piège ne peut que se retourner contre eux.</p>
<p><span id="more-783"></span></p>
<p>Certes toutes les études d’opinion montrent qu’il existe une majorité de français pour expliquer les situations de pauvreté et d’exclusion par la « paresse » ou la « mauvaise volonté ». Dénoncer « l’assistanat » peut être politiquement payant. Mais là, la manœuvre est cousue de fil brun. Faire de cette question une affaire de « valeurs », dont on promet, le cas échéant, de laisser les français juges, contre des partenaires sociaux réfractaires ; traiter dans une même démarche référendaire les chômeurs comme des immigrés clandestins qu’il faudrait reconduire de force dans les frontières du travail ; instrumentaliser politiquement la détresse d’une partie de nos compatriotes, tout ceci constitue une faute lourde.</p>
<p>Ce que l’on attend d’un candidat, ce sont ses propositions pour sortir du chômage et non celles sur la meilleure façon de policer les chômeurs. C’est qu’il sache aussi – et c’est d’autant plus fort pour un président sortant – unir les français et organiser le dialogue social.</p>
<p>Dire cela, ce n’est pas nier qu’il puisse y avoir toujours besoin de mieux adapter notre système d’indemnisation du chômage, de formation et de recherche d’emploi.</p>
<p>Sans nul doute des fraudes existent. Tout comme pour les impôts ou l’ISF. Mais c’est là une affaire de contrôles et de sanctions. Assurément, il faut aussi tout faire pour éviter que des familles entières ne s&#8217;enferment dans l&#8217;assistance et dans la dépendance. Nul doute qu’il faille encore développer la formation des chômeurs, rendre plus incitatif le passage d’une situation de dépendance à une situation de travail (c’était l’objet du RSA).</p>
<p>Pour tout cela, tous les instruments existent déjà. Un chômeur qui refuse deux offres « raisonnables » d’emploi peut être radié. La formation peut être incluse dans un « projet personnalisé d’accès à l’emploi », et son refus peut entrainer des suspensions d’allocations. La recherche d’emploi est contrôlée.</p>
<p>On peut certes vouloir encore perfectionner ces dispositifs, s’inspirer des recommandations de l’OCDE, des expériences plus ou moins réussies menées dans les autres pays. Mais ceci – il faut le rappeler – est d’abord de la responsabilité des partenaires sociaux depuis 1958. L&#8217;assurance-chômage, ce n&#8217;est pas l&#8217;assistanat. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un mécanisme ou par des cotisations assises sur les salaires, ceux qui ont un travail souscrivent une assurance pour le jour où ils pourraient être au chômage. Ils ont des droits en contrepartie de leurs cotisations.</p>
<p>Aujourd’hui, la sagesse commande de renforcer le domaine contractuel autonome des partenaires sociaux. Il serait exécrable de voir l’Etat dicter sa loi à l’assurance-chômage.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Il est vrai qu’au-delà de cet espace d’assurance couvert par les cotisations, il existe un espace de solidarité financé par l’impôt et qui légitime l’intervention de l’Etat et les efforts de réinsertion. Nul doute qu’il faille développer des parcours personnalisés, des formations adaptées et le cas échéant des emplois d&#8217;utilité sociale offerts par les entreprises ou les collectivités locales pour que les enfants ne parlent pas de leur père en disant qu&#8217;il est au chômage ou au RMI mais qu&#8217;il travaille à la bibliothèque de la ville ou aux espaces verts. C’est une question de dignité et d’estime de soi.</p>
<p>Tout ceci constitue un champ de réflexion et d’actions raisonnable. Sûrement pas un objet de référendum. Tout le monde sait bien d’ailleurs qu’il ne verra –heureusement – jamais le jour.</p>
<p>Agiter aujourd’hui cette perspective, parler de référendum, c’est prendre le risque de stigmatiser des chômeurs qui n’en peuvent plus. C’est faire croire que l’Etat pourra rendre obligatoire des emplois qui n’existent pas. C’est méconnaître que le chômage a vite fait de briser des familles et de conduire à des situations de misère et de détresse. Et qu’au moment où il semble de bon ton de hiérarchiser les valeurs, le respect de cette détresse humaine, le devoir d’attention et de compréhension doivent l’emporter sur le désir de police.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C’est pour cela que je m’étais ému des propos maladroits et choquants de Laurent Wauquiez dénonçant « l’assistanat » comme un « cancer » de la société française et prônant l’instauration punitive d’un travail obligatoire. C’est pour cela encore que j’avais mis en garde l’UMP qui, dans son programme, reprenait cette thématique de la « lutte contre les dérives de l’assistanat » en voulant alors croire que de telles propositions ne seraient pas reprises le moment venu par le Président-candidat.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Cette stigmatisation des plus faibles n’est pas acceptable. Elle heurte de trop nombreux français. Elle ne sera pas acceptée.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> Ce texte est paru initialement dans le « <a href="http://www.huffingtonpost.fr/alain-madelin">Huffington Post</a> »</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;extravagante &#171;&#160;TVA sociale&#160;&#187;</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/lextravagante-tva-sociale/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 14:47:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Président de la République n’y va pas par quatre chemins : « ceux qui ne veulent pas ou n’osent pas assumer un point et demi de TVA seront complices des délocalisations ». « Si on ne fait pas cela, on n’aura plus d’usines » a aussi affirmé le Président. Bigre ! Comment comprendre que l’on ait tant tardé pour mettre]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Président de la République n’y va pas par quatre chemins : « <em>ceux qui ne veulent pas ou n’osent pas assumer un point et demi de TVA seront complices des délocalisations </em>». « <em>Si on ne fait pas cela, on n’aura plus d’usines </em>» a aussi affirmé le Président. Bigre ! Comment comprendre que l’on ait tant tardé pour mettre en œuvre une mesure aussi terriblement efficace !</p>
<p><span id="more-771"></span></p>
<p>Ainsi la « TVA sociale » &#8211; dont le Président de la République ne se souvient pas avoir jamais prononcé le nom – est bien une « TVA anti-délocalisations ». Le gouvernement est invité à la mettre en œuvre toutes affaires cessantes car il s’agit rien de moins que de « <em>contrer les délocalisations et d’enrayer le chômage </em>».<br />
Certes, le transfert annoncé (13 milliards) est bien loin des 70 ou 80 milliards revendiqués par le patronat. Mais elle s’ajoute aux 30 milliards d’exonérations sociales dont bénéficient les entreprises (dont 22 milliards concentrés sur les bas salaires). De ce point de vue, on peut dire que la « TVA sociale » ou « antidélocalisations » existe déjà à hauteur de 3 ou 4 points de TVA. Imaginer qu’ajouter 1,6 points de plus va bouleverser l’économie, doper la croissance et l’emploi, provoquer un choc de compétitivité et stopper toute délocalisation est tout simplement extravagant.</p>
<p>En fait, ce nouvel avatar de la « TVA sociale » reste une bien mauvaise réponse à une bonne question : celle de la compétitivité de l’économie française.</p>
<p><strong>La « TVA sociale » ne peut que conduire à une baisse de pouvoir d’achat pour des avantages chimériques ou microscopiques.</strong></p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Le mauvais prétexte du différentiel de charges sociales</span></strong></p>
<p>Certes les charges sociales sont plus élevées en France que chez beaucoup de nos voisins, notamment l’Allemagne. Mais les comparaisons internationales de charges patronales n’ont guère de sens. Les « charges sociales » qui sont censées peser sur les entreprises, font partie du coût global du travail.<br />
Ce qui importe pour une entreprise, c’est le coût total du travail, charges comprises. Or, à niveau de développement économique et social comparable, les chiffres montrent que les pays où les cotisations patronales sont les plus fortes sont aussi ceux où les salaires sont les plus faibles et qu’inversement dans les pays où les cotisations sont faibles, les salaires bruts sont plus élevés.<br />
Certes, le coût du travail a beaucoup plus fortement augmenté en France (et dans la plupart des autres pays européens) qu’en Allemagne. Mais la modération salariale allemande a été le fruit du dialogue social. Aujourd’hui, le coût du travail dans l’industrie manufacturière (c’est-à-dire le secteur exposé à la concurrence internationale) est comparable à celui de l’Allemagne. Comme l’a dit Carlos Ghosn, le PDG de Renault au Figaro (25.01.2012) : «<em> Le coût horaire complet du travail est identique en France et en Allemagne </em>».</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>A dépenses sociales constantes, les transferts de charges sont sans effet à long terme</strong></span></p>
<p>Les partisans de la « TVA sociale » sont victimes d’une illusion d’optique. Une exonération de charges sociales sur les emplois de l’entreprise Dupont a bien entendu des effets bénéfiques sur les comptes de cette entreprise. C’est ce que l’on voit. Ce que l’on ne voit pas, c’est qu’il n’en va pas de même lorsqu’on généralise la mesure à toutes les entreprises. A dépenses sociales constantes, une telle mesure générale engendre une dynamique de rééquilibrage des marchés, des salaires et des prix qui fait disparaître l’avantage qu’aurait procuré cette mesure isolée. Peu importe la façon dont sont organisés les prélèvements sociaux. C’est là une vérité économique rappelée par le « Rapport sur la TVA sociale » remis à Eric Besson en 2007.<br />
« <em>Les effets de compétitivité de changements d’assiette ne peuvent être que transitoires. A long terme, l’avantage compétitif du changement d’assiette disparaît totalement </em>».</p>
<p>Au niveau global, seuls les allègements de charges sociales qui correspondent à une baisse des dépenses sociales peuvent avoir un effet durable sur la compétitivité. S’il y a surcharge sociale, c’est qu’il y a surcoût. Proportionnellement, il y a en France 30 milliards de dépenses sociales de plus qu’en Allemagne (où les cotisations sociales sont plafonnées et où les salariés ont le choix entre plusieurs dizaines de caisses concurrentes)</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>Un changement de cap pour le gouvernement</strong></span></p>
<p>Même si l’on parle depuis longtemps de « TVA sociale », la décision du Président de la République constitue un changement de cap. Vouloir aujourd’hui réduire le coût global du travail pour les entreprises contraste avec la volonté affirmée au printemps 2009 de voir augmenter la part du travail dans la valeur ajoutée en France. Et de proposer de répartir autrement les profits (selon la règle du 3/3 suggérée par le Président de la République mais rapidement abandonnée car son application aurait conduit à diviser par deux l’investissement). De même le rapport du député UMP Yves Bur en 2008 proposait de limiter les exonérations à 1,3 Smic et de les concentrer sur les PME. Ou encore la proposition de l’UMP au Sénat lors du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2011 d’abaisser progressivement le dispositif d’allègement de charges.</p>
<p><span style="text-decoration: underline;"><strong>La nécessaire clarification des charges sociales n’a nul besoin de « TVA sociale »</strong></span></p>
<p>En revanche, il peu apparaître utile de clarifier les prélèvements sociaux, de distinguer ce qui doit relever de la cotisation ou de l’impôt et de financer la politique familiale par l’impôt. Mais il n’est nul besoin de la « TVA sociale » pour cela.<br />
Si à l’évidence, la politique familiale relève de la solidarité nationale (on ne s’assure pas contre le risque d’avoir des enfants !), la maladie, le chômage et la vieillesse sont des assurances qui se doivent d’être principalement financées par des cotisations, même s’il existe des contraintes et des charges que l’Etat impose à ces régimes (naguère appelées « charges indues » justifiant un financement partiel par l’impôt.</p>
<p>Affirmer, comme le fait le patronat, que le caractère universel de l’assurance-maladie justifierait qu’on fiscalise les cotisations qui lui sont destinées, serait remettre en cause le modèle social contributif de notre assurance-maladie (le modèle « bismarkien » de notre protection sociale) et prôner son étatisation.</p>
<p>Cependant, rattacher le financement de la politique familiale à la solidarité nationale et à l’impôt ne nécessite nullement que l’on fasse appel à la « TVA sociale ».<br />
Car sous réserve d’analyses plus fines, on peut dire que la CSG (qui est considéré comme un impôt par le Conseil Constitutionnel et le Conseil d’Etat) finance d’ores-et-déjà largement et la solidarité familiale et la part de solidarité liée à l’assurance-maladie, à la vieillesse et au chômage. Une clarification est nécessaire, mais elle ne nécessite pas, à priori, de nouveaux transferts.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>AUGMENTER LA TVA, C’EST BAISSER LE POUVOIR D’ACHAT</strong></p>
<p>S’il n’est sans doute pas exact de dire comme semble le croire le Président de la République que la hausse de la TVA n’entraînera pas d’augmentation des prix (d’ailleurs annoncer l’entrée en application de la hausse de la TVA au 1er octobre afin « de déclencher des achats par anticipation qui vont nous permettre de doper la croissance » n’a de sens que si les prix augmentent après cette date), il est certain que cette hausse ne sera pas intégralement et instantanément répercutée dans les prix de vente TTC.</p>
<p>Bien entendu, l’impact du transfert proposé dépend de l’usage que les entreprises choisissent de faire de l’argent économisé sur les charges sociales : restaurer leurs marges, investir, baisser les prix, augmenter les salaires ou les dividendes…</p>
<p>En fait, pour une entreprise, le partage du bénéfice de ce transfert de charges se fera en fonction</p>
<p>- du degré de concurrence sur le marché du travail<br />
- du degré de concurrence sur le marché des biens et des services de l’entreprise concernée.<br />
- de la situation économique générale (en l’occurrence récessive) et du rapport de force plus ou moins favorable à l’entreprise.</p>
<p>Le patronat tient à la liberté d’utilisation de ce transfert (« il faut surtout donner à l’entreprise la liberté de ce qu’elle pourra faire sur ses marges de manœuvre nouvelles » dit le MEDEF).</p>
<p>Mais quoi qu’il en soit, au bout du compte, une augmentation des prix ne fait aucun doute.</p>
<p>L’évaluation macroéconomique de la « TVA sociale » par la Direction générale du trésor et de la politique économique (et publiée dans le Rapport remis à Eric Besson) relève « <em>des risques significatifs à moyen terme, mais aussi à court terme </em>».</p>
<p><em>Au-delà des effets directs sur le prix des importations, la hausse de la TVA a des effets plus amples et plus rapides que la baisse des charges patronales concomitante. <strong>Il en résulte une augmentation des prix à la consommation qui diminue mécaniquement le pouvoir d’achat des ménages.</strong></em></p>
<p>De son côté, la note d’étape des directions de Bercy sur la « TVA sociale », transmise par Christine Lagarde à François Fillon le 11 septembre 2007, mettait en garde le gouvernement « <em>La hausse des prix intérieurs qu’impliquerait la mise en place de la TVA comporterait à court terme un risque pour la bonne tenue de la consommation et de la croissance </em>».</p>
<p>L’exemple allemand est édifiant. L’augmentation de la TVA de trois points au 1er janvier 2007 (2 points pour lutter contre les déficits, 1 point pour alléger les charges) a conduit selon une étude de la Bundesbank cité par la Cour des Comptes « <em>aurait contribué pour 2.6 points à la hausse des prix en 2007 </em>».</p>
<p>Rappelons que la hausse de la TVA allemande n’avait fait que suivre l’exemple de la France qui, en août 1995 avait augmenté sa TVA de 2% pour remettre en ordre ses finances publiques et baisser les charges des entreprises dans les mêmes proportions. Résultat : une répercussion progressive de la hausse avec une baisse du pouvoir d’achat voisine de 1% à la fin 95 qui selon l’INSEE « <em>est en général complète au bout d’un an </em>».</p>
<p>Certes, la perte de pouvoir d’achat liée à la hausse des prix sera tempérée par la revalorisation des salaires (notamment le SMIC) et celle d’une partie des prestations sociales. Mais dans ce cas, cette revalorisation entraîne une hausse des dépenses publiques et augmente le coût du travail. « <em>Si la mesure était appliquée, il en résulterait un manque à gagner pour les finances publiques. Ceci appellerait une hausse des prélèvements obligatoires qui viendrait à son tour limiter les effets sur l’emploi et la compétitivité ». (Rapport sur la « TVA sociale » remis à Eric Besson en 2007).</em></p>
<p>Ce qui a conduit le Président de l’Institut de l’entreprise, Xavier Huillard, à préconiser dans le même temps de « désindexer les retraites et le SMIC »</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>DES GAINS DE COMPETITIVITE MICROSCOPIQUES</strong></p>
<p>Avec 13 milliards, l’allègement de charges sociales proposé au travers du transfert sur une hausse de la TVA et de la CSG correspond globalement à une diminution de moins de 2% de la masse salariale pour les entreprises privées.</p>
<p>Pour un produit industriel incorporant un coût total de main d’œuvre de 20% dont la moitié de salaires serait comprise entre 1,6 et 2,1 Smic <strong>un tel transfert représente une baisse effective du prix de vente HT d’environ 0,5%</strong>. Et ce dans la meilleure hypothèse, celle où l’entreprise répercuterait totalement ce gain de transfert dans une diminution de son prix de vente.</p>
<p>Il faut beaucoup d’imagination pour penser qu’une variation aussi faible du prix puisse avoir un impact décisif sur la compétitivité (dans des secteurs industriels aux gains de productivité moyens de 3% et souvent bien supérieurs).</p>
<p>Il faut beaucoup d’assurance pour affirmer que lorsque l’on est en concurrence avec des pays où le coût du travail est de 3, 5 ou 10 fois moins élevé, un tel transfert aura une influence décisive sur les choix de localisations !</p>
<p>Pour imaginer qu’après un tel « choc de compétitivité », Renault rapatriera ses productions de Roumanie ou du Maroc !</p>
<p>Au surplus, qui ne voit que l’effet d’une telle manipulation fiscale est dérisoire par rapport à des variations de la parité euro/dollar pouvant atteindre 10% en quelques mois.</p>
<table width="100%" border="0" cellspacing="2" cellpadding="2" bgcolor="#f3f3f3">
<tbody>
<tr>
<td>
<address><strong>L’analyse économique de la « TVA sociale »</strong></address>
<address>En fait d’un point de vue économique, les gains de compétitivité à attendre d’un tel transfert sont de deux ordres</address>
<address>1/ Un gain de dévaluation</address>
<address>En renchérissant le coût des importations et en baissant celui des exportations, la « TVA sociale » s’analyse du point de vue économique comme une dévaluation. Telle était d’ailleurs à l’origine la seule ambition des projets de « TVA sociale ». Ils prévoyaient de transformer les charges sociales en TVA additionnelle, le prix TTC des produits restait inchangé sans autre bénéfice pour l’entreprise que de favoriser leurs exportations et de renchérir les importations concurrentes.</address>
<address>En fait, la « TVA sociale » ne peut en aucun cas être comparée à un droit de douane. Si elle est perçue à la consommation, elle n’est pas un impôt sur la consommation mais, comme son nom l’indique, un impôt sur la valeur ajoutée.</address>
<address>Une telle dévaluation peut contribuer à doper un temps les exportations à condition d’être forte (10 ou 20%). L’effet sur les importations ne joue que pour des biens dont il existe une contrepartie nationale à un coût légèrement plus élevé (elle ne pourrait jouer aujourd’hui en France pour des écrans plats ou des téléphones portables !).</address>
<address>Au bout du compte, cet effet dévaluation de la « TVA sociale » a vocation à se réajuster dans des corrections monétaires ou des variations relatives de prix.</address>
<address>Comme pour toute dévaluation, il s’agit d’un effet provisoire. Les dévaluations sont des conséquences et non des remèdes.</address>
<address>Au surplus, comme le note le Rapport sur la « TVA sociale » remis à Eric Besson en 2007 «<em> La « TVA sociale », à l’instar d’une dévaluation de la monnaie nationale se traduit par une perte de revenu du pays pris dans son ensemble vis-à-vis de ses partenaires commerciaux</em>, <em>puisque, après l’adoption d’une telle réforme, il faudra accroître la quantité des biens exportés pour être en mesure d’importer la même quantité de biens : cette détérioration des termes de l’échange est la contrepartie inévitable de toute augmentation de la compétitivité-prix</em> ».</address>
<address>2/ Un gain de déflation salariale</address>
<address>Diminuer le coût du travail en augmentant les taxes que paient les salariés est économiquement équivalent à une diminution de salaire. Ce qui apparente la « TVA sociale » voulue par le patronat à une déflation salariale.</address>
<address>Faute de pouvoir au sein de la zone euro corriger aujourd’hui les différences de compétitivité qui se sont creusées par des dévaluations nationales. Il s’agit de procéder à un ajustement par les prix, les coûts et les salaires.</address>
<address>L’effet d’aubaine d’une telle déflation compétitive sera d’autant plus grand que la baisse des cotisations sociales ne sera pas répercutée dans une hausse des salaires ou une baisse des prix HT. Il serait nul si les entreprises devaient répercuter la totalité de cet allègement de charges dans leur prix.</address>
</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<address> </address>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">L’impact des modalités retenues</span></strong></p>
<p>La proposition du Président retient une exonération totale des cotisations patronales sur la famille pour les salaires compris entre 1,6 smic et 2,1 SMIC (et partielle pour les salaires compris entre 2,1 et 2,4 SMIC).</p>
<p>Un tel choix s’explique par le fait que la mise en œuvre d’une « TVA sociale » se heurtait au fait que les bas salaires sont déjà très largement exonérés de charges sociales.</p>
<p>Ces allègements de charges sociales en France représentent entre 22 milliards et 30 milliards d’euros, (22 pour les allègements généraux, 30 ave les allègements ciblés et les exonérations des heures supplémentaires).</p>
<p>Une difficulté soulevée par le rapport sur la « TVA sociale » remis à Eric Besson en 2007. <em>Comme il n’y quasiment plus aujourd’hui de cotisations patronales de sécurité sociale au niveau du SMIC, ces scénarii impliquent soit des cotisations négatives de sécurité sociale pour les salariés concernés, soit des allègements correspondant aux bas salaires effectués dans d’autre régimes (UNEDIC, retraite complémentaire).</em></p>
<p>La Cour des Comptes avait d’ailleurs souligné que «<em> contrairement à l’un des buts visés par la politique de baisse du coût du travail sur les bas salaires engagée en 1993, <strong>les industries manufacturières directement exposées à la compétition internationale et au risque de délocalisation ont peu bénéficié des exonérations</strong></em> ».</p>
<p>Au surplus, le plafond des exonérations de charges sociales sur les bas salaires d’1,6 SMIC agissait comme une trappe à bas salaires comprimant les salaires vers le bas.</p>
<p>En ciblant la baisse des charges patronales sur les salaires compris entre 1,6 et 2,1 SMIC (et dégressif jusqu’à 2,4 SMIC), le dispositif proposé se veut plus favorable à la grande masse des emplois industriels. De fait, il reporte l’effet de seuil vers le haut, ce qui est susceptible de décompresser très partiellement les bas salaires. Il n’en reste pas moins qu’en terme de compétitivité, un des problèmes clés est celui de la surtaxation des plus qualifiés au sein de l’entreprise. Nous avons en effet un coin fiscal et social marginal record (effet combiné de la taxation progressive de l’impôt sur le revenu, des cotisations sociales, de la CSG et des avantages sous conditions de ressources) qui constitue un vrai handicap pour notre compétitivité dans une économie de la connaissance et de la créativité.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Des effets, variables selon les entreprises, et parfois contre productifs</span></strong></p>
<p>Au sein des entreprises, l’effet bénéfique des transferts cumulés des charges patronales (ancien dispositif + TVA sociale) est bien évidemment proportionnel à la masse salariale distribuée. Le secteur des services, de la grande distribution ou du bâtiment qui sont des secteurs à forte intensité de main d’œuvre seront les grands bénéficiaires de la « TVA sociale ». Or, ce sont là les secteurs qui sont les moins susceptibles de délocaliser. Dans l’industrie, ce nouvel allègement de charges va s’appliquer à la fois à des entreprises fortement capitalistiques utilisant des machines sophistiquées très chères et à des entreprises fortement utilisatrices de main d’oeuvre. Or, dans le premier cas, ce qui compte en terme de compétitivité, c’est le coût de la machine et non pas le coût du travail.</p>
<p>Au bout du compte, les transferts de charges privilégient les entreprises de main d’œuvre – dont la plus large partie échappe à la concurrence étrangère – par rapport aux entreprises capitalistiques à forte valeur ajoutée. Difficile de voir là un choix de compétitivité pour la France.</p>
<p>Même si la nouvelle « TVA sociale » se trouve mieux calibrée pour l’industrie, son effet sera dilué sur des entreprises qui n’en ont aucunement besoin. A commencer par le secteur bancaire et financier qui en sera un des principaux bénéficiaires ou des grandes entreprises comme Total sans que l’on puisse expliquer l’avantage retiré en terme de compétitivité.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LA VRAIE ROUTE DE LA COMPETITIVITE</strong></p>
<p>Il ne s’agit pas de nier les problèmes de coût du travail qui peuvent se poser à telle ou telle entreprise ou dans tel ou tel secteur. Mais il s’agit d’expliquer pourquoi en l’absence de baisse de la dépense publique, ces transferts de charges sociales n’ont qu’un effet marginal et temporaire.</p>
<p>Il s’agit de montrer que dès lors le vrai secret de la compétitivité est ailleurs : dans la qualité, la créativité, la qualification, l’innovation, l’investissement. (Il y a trois fois plus de robots dans les usines allemandes que chez nous, deux fois plus dans les usines italiennes).</p>
<p>Le véritable enjeu est dans le travail hautement qualifié et l’investissement afin d’assurer la montée en gamme des entreprises françaises. La vraie question est celle de la profitabilité des entreprises. Pour investir, il faut d’abord des profits. Or, le taux de marge des sociétés non financières est passé en dessous de 29% pour la première fois depuis 25 ans, bien en dessous de celui des entreprises allemandes. Quant au coût du capital, il va encore augmenter avec la hausse de 2 points de la CSG liée à la « TVA sociale ». Il va atteindre le niveau record de 39,5 soit 11 points d’augmentation en 5 ans et 15 points de plus qu’en Allemagne.</p>
<p>Dans la comparaison avec l’Allemagne, voilà des divergences autrement plus redoutables pour notre compétitivité que le coût du travail ou le différentiel de charges sociales.</p>
<p>Ainsi, de quelque côté que l’on se tourne, la « TVA sociale » ne pourra tenir les extravagantes promesses de ses thuriféraires. Il n’existe pas de potion miracle qui permettrait en remplaçant une cotisation par un impôt, un prélèvement obligatoire par un autre, d’améliorer sans effort notre compétitivité. Seule la maîtrise de nos dépenses sociales peut avoir des effets économiques durables.</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Hollande-Juppé sur France 2 : mon commentaire en direct !</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/hollande-juppe-face-a-face-dans-lemission-hollande-juppe-face-a-face-sur-france2-jeudi-26-janvier-a-20h30-mon-commentaire-en-direct-sur-ce-blog/</link>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 11:24:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

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		<description><![CDATA[35 heures Sur les 35 heures, monsieur Giesbert fait un mauvais procès à François Hollande voir mon article &#171;&#160;35 heures, charges sociales, le vrai faux débat.&#160;&#187; Croissance Jusqu&#8217;à présent je pensais que c&#8217;était les entrepreneurs qui fabriquaient la croissance, je ne savais pas qu&#8217;un sommet européen était une autre technique. François Hollande a raison d&#8217;insister]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p><strong><span id="more-730"></span></strong></p>
<p><strong>35 heures</strong></p>
<p>Sur les 35 heures, monsieur Giesbert fait un mauvais procès à François Hollande voir mon article &laquo;&nbsp;<a href="http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/35-heures-charges-sociales-le-vrai-faux-debat/ ">35 heures, charges sociales, le vrai faux débat</a>.&nbsp;&raquo;</p>
<p><strong>Croissance</strong></p>
<p>Jusqu&#8217;à présent je pensais que c&#8217;était les entrepreneurs qui fabriquaient la croissance, je ne savais pas qu&#8217;un sommet européen était une autre technique.</p>
<p>François Hollande a raison d&#8217;insister sur l&#8217;impératif de la croissance. Mais les mesures qu&#8217;il propose sont loin d&#8217;être au rendez-vous. Si l&#8217;Etat vit assurément depuis longtemps au dessus des moyens des Français ceux ci produisent des richesses très en de ça de leurs capacités. <span style="color: #666666;"><span style="font-family: comic sans ms,sans-serif;"><br clear="all" /></span></span></p>
<p><strong>Compétitivité</strong></p>
<p>La vraie question de la compétitivité ce n’est pas la compétitivité par les prix mais par l’innovation. Ne nous inspirons pas du model allemand ou chinois, , inspirons-nous du model Ipad</p>
<p><strong>TVA</strong></p>
<p>Sur l&#8217;augmentation de la TVA de 1995: elle est analogue à celle qu&#8217;a réalisé plus tard l&#8217;Allemagne. L&#8217;augmentation de la TVA a été essentiellement affectée à la réduction des déficits publics ce qui a fait baisser les taux d&#8217;intérêt qui étouffaient alors l&#8217;économie française et de restituer une situation favorable à l&#8217;investissement et à la croissance dont a bénéficié Jospin quelques années plus tard.</p>
<p><strong>Sur la réduction de la dépense publique</strong><em></em></p>
<p>La réduction de la dépense publique exige un effort sans précédent. Elle exige aussi un changement d’approche. L’effort louable de réduction de la dépense publique au travers de la RGPP (la Révision générale des politiques publiques) ne saurait suffire. Les 5 milliards d’économies attendues d’ici à 2011 sont dérisoires au regard de l’ampleur des déficits.</p>
<p>En matière de dépenses publiques, ce qui se profile, ce n’est donc pas le retour de l’Etat mais bien l’exigence de son retrait, de la redéfinition de ses frontières. Comme l’a noté le rapport de l’OCDE sur la France de mai 2009, « une baisse sensible des dépenses passe par une remise en cause profonde du rôle et du mode d’intervention de l’État dans divers domaines ».</p>
<p>Pour réduire vraiment la dépense publique, il faut réduire le périmètre de l’État, redéfinir ses missions, passer au crible toutes ses fonctions : cette tâche, cette mission est-elle nécessaire ? Faut-il que l’Etat l’exécute, l’externalise ou la délègue ? Faut-il que le contribuable la finance ? Si oui, comment accroître son efficacité ? Si non, comment la concevoir et l’exécuter autrement ? Bref, il faut accroître la part du marché soumis à la concurrence et aux choix individuels, réduire la part de notre économie soumise aux choix collectifs exprimés sur le marché politique.</p>
</div>
<p><strong>A la fois amusante et édifiante</strong></p>
<p>L’émission &laquo;&nbsp;Juppé Hollande&nbsp;&raquo; est à la fois amusante et édifiante. Si on suit Hollande, il y a assez peu de différences entre son programme et celui de l’UMP si ce n’est, c’est vrai, la différence de ceux qui supporteraient l’essentiel des impôts nouveaux.</p>
<p>Seule une politique de forte croissance, voire d’hyper croissance, avec un programme agressif de libération de l’économie peut éviter les excès de la rigueur que nous annoncent et Juppé et Hollande.</p>
<p><strong>Retraites</strong></p>
<p>La question des retraites ne mérite pas, à nos yeux, un affrontement politique (voir <em>« <a href="http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/retraite-vivement-l%e2%80%99autre-reforme/">Retraite : vivement l’autre réforme </a>» </em>)</p>
<p>Rappelons qu’en terme de la réforme de 2010, la majorité sénatoriale avait enrichi le texte de la réforme en fixant en 2013 le rendez-vous d’une réforme systématique (et non « paramétrique », celle d’une « réflexion nationale » sur « les conditions de mise en place d’un régime universel par points ou en comptes notionnels ».</p>
<p>Longtemps défendu par les libéraux (voir le livre que j’ai écrit en 2004 avec l’économiste Jacques Bichot « Quand les autruches prendront leurs retraites »), cette idée a reçu de nombreux soutiens. La CFDT prône une retraite par points calquée sur le modèle suédois, tout comme Jacques Attali, Thomas Piketty ou Terra Nova. Le PS lui-même a proposé un système qui s’y apparente : fondé sur un « compte temps » qui permettrait une « retraite choisie ». Qu’importe alors l’âge officiel de la retraite dès lors que, comme doivent en convenir les socialistes, celle-ci se devra d’être minorée par rapport à la retraite à 62 ans.</p>
<p>En prenant comme référence la durée de cotisation (comme le fait François Hollande pour afficher le maintien de la retraite à 60 ans pour les carrières longues), le candidat socialiste aurait gagné à aller plus loin en ouvrant la voie d’une retraite systématique.</p>
<p>Il y a un certain paradoxe à écouter François Chèrèque il y a quelques jours affirmer qu’il se sentait plus proche sur cette question de François Bayrou – qui lui défend ouvertement la retraite par points – que de François Hollande (Lire : « Retraites ; vivement l’autre réforme).</p>
<p><strong>Sur la dette de la France</strong></p>
<p>Ce qui est vrai c’est que Nicolas Sarkozy en 2007 à augmenter la dépense publique contrairement à nos engagements européens.</p>
<p>Quant au plan de relance, le plan de Nicolas Sarkozy était plus modeste que ceux pratiqués dans d’autres pays. Mais à mes yeux ces plans de relance ont été beaucoup trop dispendieux et à l’excès des plans de relance d’hier à l’efficacité douteuse correspond un excès des plans de rigueur aujourd’hui.</p>
<p><strong>Crise bancaire</strong></p>
<p>A mes yeux Hollande fait les mêmes erreurs que Sarkozy. A savoir confondre deux crises financière bien distinctes. La crise bancaire à partir de 2007, la crise des subprimes et la crise actuelle, celle de la dette souveraine née d’un excès  d’endettement des grandes démocraties providences.</p>
<p>Quant à l’idée de séparer les banques de dépôt et les banques d’investissement  cela n’a rien de révolutionnaire. Mais cela dit, la technique de séparation est très complexe et difficile et ne peut être résumée de façon lapidaire comme le fait Hollande. Quant aux produits toxiques j’aurai bien aimé que Hollande nous donne des exemples.</p>
<p><strong>Emprunt industriel</strong></p>
<p>Sur une longue période, la pente de notre perte d’emplois industriels est à peu près égale à celle d’autres pays comme l’Allemagne. La réalité, c’est que ces emplois industriels perdus ne le sont pas du fait des délocalisations (une dizaine de milliers par an dans les rapports officiels) mais d’une part, de l’externalisation par les entreprises industrielles de leurs services, et d’autre part, des gains de productivité.</p>
<p>Si l’on veut relocaliser les activités ce qui se fait et se fera ce sera au travers d’un apport massif d’investissement dans des machines et des robots, ce qui est totalement contradictoire avec l’imposition du capital voulue par François Hollande.</p>
<p><strong>Croissance et compétitivité</strong></p>
<p>D’un côté, Hollande propose une relance de l’investissement pour doper la compétitivité et la croissance (ce qui va dans le bon sens) mais de l’autre, il propose de taxer les revenus du capital à l’identique des revenus du travail (c’est-à-dire au barème de l’impôt sur le revenu, ce qui est à la fois absurde, destructeur et irresponsable.</p>
<p>En effet, le « revenu du capital » est un « revenu du travail » épargné qui a déjà payé l’impôt. A cette première taxation s’ajoutent les impôts relatifs à l’activité économique dans laquelle le capital est employé à l’instar de l’impôt sur les sociétés qui frappe les bénéfices avant leur distribution en dividendes. Ce n’est pas pour autant que les revenus du capital doivent être exemptés d’impôts, mais cela explique la spécificité des impôts qu’on leur applique.</p>
<p>De plus, une imposition trop forte du rendement du capital peut ruiner le capital car à la différence du travail, le rendement du capital s’inscrit dans le temps et une partie de l’enrichissement obtenu est fictif du fait de l’inflation. Ainsi avec une inflation à 2%, un capital qui rapporte 3%, c’est-à-dire avec un revenu réel de 1%, un prélèvement de 31,3% (19% de fiscal et 12,3% de social) représente en fait un impôt de 93,3% sur le revenu net réel !</p>
<p>La croissance et la compétitivité ont besoin de capitaux</p>
<p>Le capital productif est un élément essentiel de la productivité dont dépend le niveau général des revenus du travail.</p>
<p>Si l’on veut relocaliser des activités industrielles, il faut investir massivement dans des machines modernes et des robots.</p>
<p>Il faut attirer les capitaux et non les faire fuir, ce qui ferait inéluctablement l’application de la proposition de François Hollande (voir <em>« <a href="http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/un-meme-impot-pour-les-revenus-du-capital-et-du-travail-absurde/">Un même impôt pour les revenus du capital et du travail ? Absurde </a>» </em> )</p>
<p><strong>Ce que propose François Hollande sur la compétitivité :</strong></p>
<p>Pour faire simple, François Hollande propose la recherche de la compétitivité par la relance de l’investissement. Avec une priorité, les PME.<br />
Voilà qui est plutôt bien vu. Et en tout cas de meilleure facture que la focalisation sur la compétitivité prix au travers de la baisse du coût du travail et de la fumeuse « TVA sociale (voir « <em><a href="http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/le-crash-test-de-la-tva-sociale">Le crash-test de la « TVA sociale</a> »</em></p>
<p>A y regarder de plus près, les mesures de François Hollande en faveur de l’investissement se limitent à :</p>
<p>- la création d’un livret d’épargne industrie (qui dans la pratique ne fait que reprendre l’ex Codevi, aujourd’hui Livret de Développement Durable dont on double le plafond en le portant à 12 000 €).</p>
<p>- une centralisation des dispositifs existants dans une Banque publique d’investissement.</p>
<p>- la mobilisation de 5 milliards d’argent frais (2,5 pour l’industrie, 2,5 pour les PME) obtenir de fait par un prélèvement de 8 milliards sur les entreprises (4 milliards sur les grandes entreprises, 1 milliard sur la refonte de la TP, 3 milliards de suppression des exonérations de cotisations sociales sur les heures supplémentaires) sans parler de la surtaxation des bénéfices des banques.</p>
<p>- Modifier l’impôt sur les sociétés : 35% pour les grandes, 30% pour les petites et moyennes, 15% pour les petites.</p>
<p>Dans un pays ou le total des investissements annuels tourne autour de 400 milliards (200 milliards pour les sociétés non financières), il faut beaucoup d’imagination pour imaginer dans ces mesures un effet décisif sur la compétitivité et la croissance.</p>
<p><strong>Réflexion de François Hollande sur la confiance :</strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;Pour inspirer confiance il faut donner confiance&nbsp;&raquo; dit -il. A cela les libéraux ajoutent qu&#8217;il faut aussi savoir faire confiance aux gens, à leur liberté et à leur responsabilité. Je rêve d&#8217;un Président de la République qui au lieu de dire pourquoi il fait confiance aux Français, aux entrepreneurs, aux consommateurs, aux partenaires sociaux dirait plutôt quelles sont les libertés qu&#8217;il compte leur donner pour qu&#8217;ils puissent exercer toute leur responsabilité. Sous Sarkozy, ce qui a le mieux marché c&#8217;est l&#8217;autonomie des universités et l&#8217;auto entrepreneur, c&#8217;est le choix de confiance.</p>
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		<title>Interview d’Alain Madelin dans PARIS MATCH du 19 janvier 2012</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/analyses/interview-dalain-madelin-dans-paris-match-du-19-janvier-2012/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 16:16:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyses]]></category>

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		<description><![CDATA[PARIS MATCH : Les conséquences de la dégradation par Standard and Poor’s du triple A français sont-elles d’abord économiques ou politiques ? ALAIN MADELIN : La dégradation de la France par une agence de notation ne fait que photographier deux évidences aux yeux des acteurs économiques et financiers: notre crise de la dette publique et la crise]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #008080;">PARIS MATCH : Les conséquences de la dégradation par Standard and Poor’s du triple A français sont-elles d’abord économiques ou politiques ?</span></strong></p>
<p>ALAIN MADELIN : La dégradation de la France par une agence de notation ne fait que photographier deux évidences aux yeux des acteurs économiques et financiers: notre crise de la dette publique et la crise globale de la zone euro. En revanche, son retentissement médiatique  aura des conséquences politiques majeures car elle signe la fin d’un modèle économique, social et politique : celui de la fuite en avant dans la dépense publique, du célèbre « je dépense donc je suis » qui donne le sentiment à tout homme politique d’exister.</p>
<p><span id="more-724"></span></p>
<p><strong><span style="color: #008080;">La première victime en est Nicolas Sarkozy ?</span></strong></p>
<p>On ne peut pas imputer à Nicolas Sarkozy plusieurs décennies de social clientélisme qui s’est mis en place et a abouti à un Etat providence de plus en plus dispendieux, de moins en moins efficace et distributeur de faux droits, dont on fait reposer la charge sur les générations futures. De ce point de vue, tous les programmes des candidats à l’Elysée doivent être repensés depuis le choc Standard and Poor’s.</p>
<p><span style="color: #008080;"><strong>Que pensez-vous de la volonté du gouvernement d’assouplir le temps de travail ?</strong></span></p>
<p>La reconquête du temps de travail est un élément de compétitivité mais la souplesse du temps de travail existe déjà très largement aujourd’hui. La loi du 20 août 2008 permet à une entreprise de déroger à une convention de branche. Même si ce texte peut peut-être être amélioré, la durée du travail est plutôt un modèle de décentralisation réussie, auquel il faut ajouter la souplesse offerte par la défiscalisation des heures supplémentaires. La vraie clé de la compétitivité cependant, c’est l’investissement. Pour relocaliser, il faut investir dans les robots industriels et non baisser les salaires.</p>
<p><span style="color: #008080;"><strong>Quelle est la première mesure qu’il faudrait prendre aujourd’hui ?</strong></span></p>
<p>Il faut une vraie politique de compétitivité. Il y a d’abord celle de l’Etat. L’argent public est aujourd’hui mal utilisé. Par rapport à l’Allemagne, nous avons 160 milliards d’euros de dépenses publiques en plus sans être pour autant mieux soignés, protégés ou éduqués. Il faut donc repenser les fonctions de l’Etat en s’inspirant de ce qu’on fait les social-démocraties du Nord de l’Europe, qui ont su se réformer à coup de concessions, délégations de services publics, ouverture à la concurrence… Il y a ensuite la compétitivité des entreprises. Elle nécessite un bon fonctionnement du marché du travail et une politique d’ouverture et de concurrence dans tous les domaines afin de desserrer les brides qui freinent le moteur économique français. Pour sortir de la crise, il nous faut retrouver un taux de croissance supérieur au taux d’intérêt. Mais ce n’est pas en revanche le gadget de la TVA sociale, qui amputera le pouvoir d’achat des Français, qui y aidera. Qu’apportera à la compétitivité le fait de leur faire payer une partie des charges sociales de Carrefour, Total ou d’Apple France ?</p>
<p><span style="color: #008080;"><strong>Soutiendrez-vous un candidat ?</strong></span></p>
<p>Je ne suis plus engagé mais, en tant qu’expert, je donnerai mon avis sur les propositions des candidats sur mon blog (alainmadelin.fr) ou sur celui des libéraux (libéraux2012). Je serai en quelque sorte une agence de notation, mais aussi de propositions. Aujourd’hui, si Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou sont sans doute des candidats AAA dans leur prise de conscience des problèmes de la dette, il en est loin d’être de même de leur programme ou de celui de leur formation politique.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Vive la croissance, Viva Monti</title>
		<link>http://www.alainmadelin.fr/blog/billets/vive-la-croissance-viva-monti/</link>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 16:02:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Madelin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets]]></category>

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		<description><![CDATA[Répétons le, il n’y a pas de sortie du piège de la dette publique sans retour à une forte croissance. Pour devenir soutenable, la dette doit voir ses taux d’intérêts passer durablement sous le taux de croissance. C’est dire que les solutions avancées en France par les deux grands candidats, à savoir diminuer la dépense]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Répétons le, il n’y a pas de sortie du piège de la dette publique sans retour à une forte croissance. Pour devenir soutenable, la dette doit voir ses taux d’intérêts passer durablement sous le taux de croissance.</p>
<p>C’est dire que les solutions avancées en France par les deux grands candidats, à savoir diminuer la dépense publique et augmenter les impôts (dans des proportions et des modalités variables) ne peuvent que conduire à l’impasse.</p>
<p><span id="more-721"></span></p>
<p>De l’autre côté des Alpes, après avoir fait voter un plan d’austérité de plus de 60 milliards d’euros, Mario Monti vient de présenter la loi italienne d’ouverture à la concurrence des secteurs et professions protégés (taxis, pharmacie, station essence, énergie…).</p>
<p>Une ouverture à la concurrence qui représenterait, selon lui, deux points de plus de croissance.</p>
<p>Bref, nous dit Mario Monti, pour sortir de la crise, pour doper la croissance, il faut faire confiance aux politiques libérales.</p>
<p>Il est vrai que Mario Monti incarne l’Europe libérale, celle du marché unique et de la concurrence (économiste, il a été de 1994 à 1999, commissaire européen au marché intérieur et de 1999 à 2004, commissaire à la concurrence nommé par Berlusconi). Celle dont Henri Guaino et le Président de la République nous proposent de tourner la page. Celle que détestent depuis toujours les socialistes français.</p>
<p>On ne sait pas encore les obstacles politiques auxquels se heurtera Mario Monti. On sait seulement que l’homme n’est pas sans habileté. Un exemple : à la brutale proposition de libération totale du marché des taxis parisiens proposée dans le rapport Attali, Mario Monti préfère l’approche prônée en France par les libéraux, celle qui consiste à distribuer une plaque supplémentaire aux titulaires d’aujourd’hui (qui ont acheté cher cette plaque et qui se verraient ruinés par une ouverture sans précaution).</p>
<p>On lui souhaite bonne chance.</p>
<p>On lui souhaite aussi de susciter quelques émules en France.</p>
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