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Subsidiarité
L’inéluctable retour de la société civile
On se souvient -c’était il y a 10 ans-de ce constat à la fois lucide et désabusé de Lionel Jospin alors premier ministre : «l’État ne peut pas tout». Beaucoup diront qu’une telle phrase a lourdement pesé dans la défaite de Lionel Jospin deux ans plus tard.
Les choses ont bien changé depuis. Comme l’a noté avec un brin de malice le très talentueux et très engagé à gauche Jacques Julliard : «Jamais, de mémoire de libéral, on ne vit gouvernement plus acharné à persuader les Français qu’ils peuvent tout attendre de l’État.» De tous bords, après la crise financière et face à la montée des peurs des Français on proclame le nécessaire «retour de l’État», dont au demeurant nous n’avions pas observé le départ.
Pourtant, que cela plaise ou non, il va falloir alléger l’État, redéfinir son rôle et retracer ses frontières. La question qui se pose n’est pas celle du «retour de l’Etat» mais celle de sa «refondation».
Après l’Etat providence, l’Etat social 2.0 ?
Notre Etat providence – comme tous ses homologues européens – est fourbu. Mais l’inévitable remise en cause de notre modèle social ne signifie pas la fin du social ni même la fin du haut niveau de protection sociale auquel les Français sont légitimement attachés. Dans les frontières de l’ex-ligue hanséatique, une coalition de pays réformateurs dessine un nouvel Etat social protecteur. A la rencontre d’un double héritage : celui des social-démocraties nordiques réformées et celui d’une Grande-Bretagne au thatchérisme socialisé. Son socle, c’est le modèle nordique. Vedette du dernier forum économique mondial de Davos, celui-ci offre l’exemple d’Etat providence réformé par l’injection de mécanismes d’économie de marché : privatisations, délégations de service public, marché des droits à la retraite, établissements scolaires autonomes librement choisis, flexisécurité du travail…






