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Les classiques________________
Frédéric Bastiat
Visitez le site des passionnés de Frédéric Bastiat : pour tout connaître de sa vie, sa pensée et de son oeuvre ; textes en ligne (en plusieurs langues). http://bastiat.org/fr/
Harmonies économiques, éd. Slatkine, 1982, 120F ~ Œuvres économiques, PUF, éd. Libre Echange, 118F ~ Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas, éd. Romillat, 1994, 55F
Oublié en France, Frédéric Bastiat est considéré aux Etats-Unis comme un auteur de première importance. Son pamphlet, La Loi, y a été diffusé à plus d'un million d'exemplaire. Qui était Frédéric Bastiat? Homme d'action et extraordinaire propagandiste, il est né à Bayonne en 1801. Il se fait connaître à quarante cinq ans par
son combat en faveur du Libre Echange. En cinq ans, au prix d'une activité exceptionnelle, il écrit une oeuvre considérable tout en menant un combat politique intense. Après la révolution de 1848, il se rallie
franchement à la République. Il est élu député des Landes à l'Assemblée constituante, puis à la Législative.
Il y siège à la gauche et devient vice-président du Comité des finances. Visionnaire, Frédéric Bastiat a su anticiper dès 1848 les errements qui conduiront à l'effondrement à l'Est des sociétés communistes. Défenseur des petites gens, il prend le parti des consommateurs contre celui des spoliateurs. Il combat le protectionnisme, comme la conquête de l'Algérie.
Pamphlétaire, il dénonce chez les " hommes de l'Etat " la soumission aux intérêts privés contre l'intérêt général. Il polémique avec Lamartine, Proudhon, Louis Blanc...Il meurt à Rome le 24 décembre 1850. Il a quarante neuf ans.. Ses textes clés, dont certains sont ici republiés en France pour la première fois depuis 1854, sont précédés d'une table ronde présidée par Alain Madelin.
Benjamin Constant
De la liberté chez les modernes, éd. Hachette, 1990
Le très célèbre auteur d'Adolphe, a été aussi - on l'a trop longtemps méconnu - l'un des théoriciens les plus originaux et les plus conséquents du libéralisme. Tirant la leçon des errements tyranniques de la révolution française, Constant est l'homme de deux idées essentielles : l'originalité de la liberté selon les modernes et l'économie spéciale du pouvoir qui rend possible le gouvernement représentatif. Dans l'enquête sur les fondements de la démocratie qu'il est l'heure d'entreprendre, son œuvre se révèle d'une lecture indispensable
Principes de politique, consulter cet ouvrage à la BNF
" Il y a bientôt vingt ans que je m' occupe de considérations politiques,
et j' ai toujours professé les mêmes opinions, énoncé les mêmes voeux. Ce que je demandais alors, c' était la liberté individuelle, la liberté de la presse, l' absence de l' arbitraire, le respect pour les droits de tous. C' est là ce que je réclame aujourd' hui avec non moins de zèle et plus d' espérance. Sans doute, quand on n' examine que superficiellement la situation de la France, l' on est tenté de croire aux dangers qui la menacent. " Benjamin constant

Principes de politique applicables à tous les gouvernements, éd. Hachette, 1997, 65F
"Les Principes de politique", l'oeuvre maîtresse de Benjamin Constant et du libéralisme politique, rédigés en 1806, n'avaient curieusement jamais été publiés en France. De son vivant, l'auteur s'était contenté d'en extraire divers articles, brochures et conférences, mais qui ne permettaient pas de saisir l'architecture d'ensemble. Il a fallu attendre 1980 pour que paraisse à Genève la première édition, critique de cet ouvrage, que l'on trouve ici enfin rendu accessible au grand public. Constant se propose de repenser les fondements de la vie en société à la lumière de cet événement majeur et récent qu'est la Révolution française. Il y définit les conditions de base d'une démocratie libérale - la souveraineté du peuple et la liberté de l'individu - et explore les modalités de leur articulation. Chemin faisant, il découvre en quoi consiste la liberté des Anciens et celle des Modernes.

Emile Faguet
Le libéralisme, éd. La Société française d'imprimerie, 1902 ( nd )
consulter cet ouvrage sur Gallica
" Nous sommes depuis trois siècles un pays très centralisé, infiniment de choses qui pourraient être faites privément sont faites en France par l'Etat, par les fonctionnaires de l'Etat, et il y a en France plus de fonctionnaires qu'en aucun pays du monde, par conséquent l'Etat, par sa seule organisation, a une extraordinaire importance, influence, puissance en toutes choses, il dispose de places à donner, de faveurs à accorder et de places et de faveurs à promettre, en nombre infini. Par conséquent, le Français, par simple souci de son intérêt matériel, est facilement amené à cette idée, à ce projet : conquérir l'Etat, l'avoir à soi : " si j'étais le gouvernement ! ". Le moyen ? Le moyen c'est d'être membre d'un parti qui aura la majorité, puique l'Etat en France c'est le parti qui a la majorité. De là des partis qui ne sont que des syndicats pour la conquête de l'Etat, et qui, quand ils l'ont conquis, ne songent qu'à l'exploiter à leur profit, puis- qu'ils ne l'ont conquis que pour cela, et ne songent pas sans doute à l'amoindrir ou à le désarmer et sont plus étatistes et plus antilibéraux que jamais " (E. Faguet). L'histoire de cet Académicien français, hélas totalement oublié de nos jours, tient presque tout entière dans ses publications. Emile Faguet (1847-1916) a en effet écrit près d'une centaine d'ouvrages - tous d'une grande qualité - sur des sujets extrêmement variés, littérature, théâtre, poésie, politique, philosophie... On peut citer notamment " Le libéralisme ", " L'anticléricalisme ", " le socialisme en 1907 ", " le pacifisme ", "Le féminisme ", " la démission de la morale ", " Politiques et moralistes du 19ème siècle ". " Le Libéralisme " est un ouvrage d'une richesse inépuisable. Indispensable pour une bibliothèque libérale. Les livres d'Emile Faguet ne sont malheureusement plus disponibles aujourd'hui dans le commerce
Milton Friedman
Lire le dossier Milton Friedman du site libertarien et non-conformiste
Capitalisme et liberté, éd. Laffont, 1971
Henri Hazlitt

L'économie en une leçon, éd. Spid, 1949 ( nd )
"Il y a toujours eu deux écoles en économie politique : celle qui explique en termes simples des choses difficiles, et celle qui explique en termes difficiles des choses simples. La seconde donne aux ignorants une impression de profondeur. Mais l'avenir appartient à la première. C'est de celle-ci que se réclame Hazlitt. Il constate dans ce livre que dans tous les grands pays in- dustriels s'est formée et largement répandu une doctrine économique qui consiste essentiellement à systématiser les exigences particulières des principaux groupes économiques plutôt qu'à élucider les intérêts généraux et permanents de la communauté. Syndicats patronaux, syndicats ouvriers, industriels et agriculteurs exposés à la concurrence étrangère, tous réclament successivement au nom de leurs intérêts limités l'intervention de l'Etat. L'Etat lui-même cherche à satisfaire les électeurs des partis momentanément au pouvoir plutôt que les besoins à long terme de la masse des citoyens. Cet état de chose s'observe dans presque toutes les nations. Cette situation a suscité une étrange floraison de sophismes économiques qui s'expriment à peu près dans les mêmes termes dans les langues les plus diverses. Ils ont trouvé parfois pour les défendre des avocats de grand talents dont Keynes fut le plus universellement célèbre. Ce sont ces sophismes que dénonce Hazlitt et en démontre les faiblesses avec une limpide clarté. Qu'il s'agisse du "plein emploi", de la soi-disant nocivité de l'épargne, de la course aux exportations, des travaux publics considérés comme remède au chômage, de la fixation des prix par l'autorité, l'auteur fait toucher du doigt les conséquences des politiques qui s'en inspirent"(C. Rist). Fortement influencé par Frédéric Bastiat, Hazlitt nous livre ici une grande leçon d'économie libérale à la portée de tous.

Friedrich Von Hayek

Droit, Législation et Liberté, éd. PUF, Quadrige, 1995 Vol. 1 " Règles et ordre ", 62 F
Friedrich Von Hayek, lauréat du Prix Nobel, est connu dans le monde entier pour les travaux qu'il a publiés en économie aussi bien qu'en philosophie ou en sciences politiques. Les trois volumes de "Droit, Législation et Liberté", constituent une étude fon- damentale des principes sur lesquels repose l'ordre politique d'une société libre. C'est une œuvre riche et complexe qui n'a pu être écrite que grâce à la vaste érudition de son auteur. Ce volume traite des concepts fondamentaux, indispensables à l'analyse critique des théories actuelles concernant la justice, et des conditions qu'une Constitution devrait remplir pour être garante de la liberté individuelle. Le professeur Hayek distingue deux types d'ordre, sur lesquels toute société doit s'appuyer dans une certaine mesure : un ordre spontané ou autogénéré, et un ordre dirigé ou organisation. Il analyse les principes essentiels sur lesquels ces ordres peuvent être fondés, et il rattache au problème de la liberté des personnes sa distinction entre deux espèces de règles correspondant au droit privé et au droit public, qui sont nécessaires à la pérennité de ces ordres.

Vol. 2 " Le mirage de la justice sociale ", 62 F

Ce volume contient une analyse critique de quelques opinions extrêmement répandues. Le professeur Hayek examine les théories de l'utilitarisme et du positivisme juridique avant de discuter du concept de "justice sociale". Ce dernier forme un idéal qui risque de nous entraîner, malgré nos bonnes intentions, dans des voies extrêmement dangereuses; Résidu provenant de l'éthique tribale, des anciennes sociétés fermées, ce concept paraît incompatible avec la liberté individuelle que promet la "société ouverte". Il mérite donc d'être repensé.

Vol. 3 " L'ordre politique d'un peuple libre ",62 F
Friedrich Hayek a apporté toute son érudition au troisième et dernier volume de "Droit, Législation et Liberté". Cette magistrale étude porte sur les principes fondamentaux de l'ordre politique d'une société libre. Elle contient l'explication la plus claire et la plus franche de la philosophie politique de son auteur qui soit parue à ce jour. Les théories sociologiques de la morale et du comportement social y sont analysées et rejetées car le Pr Hayek démontre que le comportement de l'homme a été déterminé davantage par l'usage que par l'exercice de la raison et que pour cela l'esprit et la culture se sont développés simultanément et non successivement. Hayek montre aussi que l'idéal démocratique est en danger. Dans sa forme actuelle, il repose en effet sur les hypothèses erronées qu'il pourrait y avoir des valeurs morales sans disciplines morales et que la société pourrait être restructurée sans que l'on tienne compte de la tradition. Il est aussi menacé par la confusion dont il est l'objet de plus en plus fréquemment avec cet autre idéal qu'est l'égalitarisme. Dans l'épilogue de l'ouvrage, le Pr Hayek rejette Marx, Freud, le positivisme logique et l'égalitarisme politique. Il démontre que l'application naïve de la méthode scientifique à la culture et à l'éducation a été trompeuse et dommageable car elle a créé un âge non de raison et de culture mais de superstition et d'erreur.

La présomption fatale : les erreurs du socialisme
PUF/Pocket, 1993, 97F

Dans cet ouvrage, qui est aussi son dernier, Friedrich A Hayek examine et critique de façon fondamentale les idées centrales du socialisme. Il prouve que le socialisme s'est, depuis ses origines, trompé pour des raisons scientifiques, factuelles et même logiques et que les échecs répétés des différentes et nombreuses incarnations des idées socialistes que ce siècle a connues ont été le résultat direct de ces erreurs scientifiques. La présomption fatale a été en chantier pendant 10 ans. A presque quatre-vingt ans et après s'être battu durant toute sa vie contre le socialisme, Hayek a conçu ce livre comme un manifeste devant servir dans le débat public portant sur la question : " le socialisme a-t-il été une erreur? ". Le résultat est probablement son oeuvre à la fois la plus accessible et la plus sujette à controverses depuis la publication de La route de la servitude en 1944. La présomption fatale est consacrée principalement à des questions d'ordre éthique. En effet, Hayek croit que notre civilisation repose sur un système complexe de règles morales et de règles de conduite ayant évolué spontanément et fait l'objet de sélections naturelles. Ces règles, d'après lui, souvent détestées par les individus sont cependant indispensables à noter relatif bien-être et à notre survie. En revanche, d'après Hayek, les principes fondamentaux du socialisme reflètent un retour à la morale instinctive tribale et sont incapables de sous-tendre l'ordre ouvert d'une civilisation élevées. Facile à lire en même temps que controversable. La Présomption fatale est aussi une oeuvre énergique et savante qui fera considérablement avancer notre compréhension des problèmes économiques et politiques qui se posent dans le monde.

La route de la servitude, éd. PUF, Quadrige, 1993, 55 F
" Peu de gens sont prêts à reconnaître que l'ascension du fascisme et du nazisme a été non pas une réaction contre les tendances socialistes de la période antérieure, mais un résultat inévitable de ces tendances. C'est une chose que la plupart des gens ont refusé de voir, même au moment où l'on s'est rendu compte de la ressemblance qu'offraient certains traits négatifs des régimes intérieurs de la Russie communiste et de l'Allemagne nazie. Le résultat en est que bien des gens qui se considèrent très au-dessus des aberrations du nazisme et qui en haïssent très sincèrement toutes les manifestations, travaillent en même temps pour les idéaux dont la réalisation mènerait tout droit à cette tyrannie abhorrée . Il y a aujourd'hui encore une raison plus pressante pour que nous essayions sérieusement de comprendre les forces qui ont créé le national-socialisme ; c'est que cela nous permettra de comprendre notre ennemi et l'enjeu de notre lutte " (Hayek, 1943). Tel est l'objet de cet ouvrage.
David Hume
Essais et traités sur plusieurs sujets, 4 volumes, éd. Vrin, 1999, 160F
Essais et Traités sur plusieurs Sujets, c'est sous ce titre que Hume réunit à partir de 1753 l'ensemble de ses oeuvres philosophiques. Cette collection, corrigée et complétée au fil des éditions, n'a jamais compris le Traité de la nature humaine, formellement exclu par son auteur. La dernière édition parut en 1777, après la mort du philosophe qui l'avait soigneusement préparée.L'ensemble du recueil a une incontestable unité de pensée et d'écriture, en dépit de la liberté de style et de la variété d'objet qu'on y trouve. Il est l'expression d'un genre philosophique original auquel le lecteur ne peut rester insensible.Il a paru bon d'en présenter une traduction complète et entièrement nouvelle qui en respecte la qualité et qui en favorise la lecture continue. Cette traduction suit l'ordre original des textes et est divisée en quatre volumes :. - V1 : Essais moraux, politiques et littéraires (première partie). - V2 : Essais moraux, politiques et littéraires (deuxième partie). - V3 : l'Enquête sur l'entendement humain, suivie de la Dissertation sur les passions. - V4 : l'Enquête sur les principes de la morale, suivie de l'Histoire naturelle de la religion.
Bertrand de Jouvenel

Du pouvoir : histoire naturelle de la croissance, éd. Hachette / Pluriel, 1998, 65F
Fasciné par la croissance ininterrompue du pouvoir qui rendit possible la guerre totale déclenchée par Hitler, Bertrand de Jouvenel s'est donné pour tâche d'étudier cette croissance, ce gonflement irrésistible qui aboutit au contraste inquiétant que nous constatons aujourd'hui entre les moyens formidables dont dispose l'Etat et le relâchement dans le contrôle de leur emploi. Protecteur de l'ordre social, le pouvoir en est tout autant l'agresseur, et avec la complicité de tous : pour tout faire, comme on l'attend de lui, ne faut-il pas qu'il puisse tout ? Un classique dela philosophie politique et de la pensée libérale

John Locke
Traité du gouvernement civil, ed. Flammarion, 1992, 46F
Locke montre d'une part, que les relations d'hommes à hommes, qui ont précédé et accompagnent les relations de citoyen à citoyen, n'ont jamais été exemptes de lois; d'autre part, que le pacte primordial, sur lequel repose philosophiquement sinon historiquement toute société politique, ne crée point, mais ne fait que consacrer les droit individuels antérieurs à toute constitution civile. Il explique que les hommes naissent et doivent rester foncièrement égaux et libres; il attaque l'esclavage comme un état contre nature; il enferme le pouvoir paternel dans les strictes limites imposées au père par le devoir qu'il a de faire de son fils un homme, et un homme libre; il démontre l'erreur de ceux qui confondent avec le pouvoir paternel, qui dérive d'un devoir naturel, le pouvoir civil, qui dérive d'un contrat volontaire; il oppose à la situation que leur minorité fait aux enfants vis-à-vis des parents la situation que leur commune majorité fait aux gouvernés vis-à-vis des gouvernants; il établit enfin que puisque les citoyens doivent être traités par les dépositaires du pouvoir non comme des mineurs, mais comme des égaux, l'absolutisme monarchique est essentiellement illégitime.
Ludwig von Mises
L'action humaine: traité d'économie, éd. PUF, 1985, 221F
"Human Action", dont la version définitive date de 1963, a résumé et couronné l'oeuvre écrite du rénovateur de l'Ecole autrichienne, Ludwig von Mises. Les chefs de file actuels du libéralisme économique considèrent ce livre comme la référence fondamentale sur l'explication du réel social dégagée par les Classiques, les Utilitariens et les Marginalistes. Mais son auteur n'a pas seulement mis en ordre et épuré cet énorme héritage : il l'a enrichi de démonstrations définitives dans tous les compartiments de la théorie des marchés et de la monnaie. Surtout, il a lumineusement expliqué comment les manipulations politiques du crédit entraînent de profondes et complexes dislocations dans le système des prix et les courants d'investissement. Le chaos monétaire mondiale et l'angoissante impasse des prétendues "luttes contre l'inflation et le chômage" viennent douloureusement donner raison à l'inflexible savant qui durant quarante ans a dénoncé les mirages du dirigisme, et qui termina son livre par ce dernier avertissement : "le corps des connaissances économiques est un élément essentiel dans la structure de la civilisation humaine....il incombe aux hommes de faire un emploi correct du riche trésor que ce savoir leur procure; mais s'ils le dédaignent, ce n'est pas la science économique qu'ils annuleront, c'est la société et le genre humain qu'ils fouleront aux pieds".
Le gouvernement omnipotent, éd. Librairie de Médicis, 1917 (nd) "L'économiste ne substitue pas son propre jugement à celui de ses concitoyens au sujet du caractère désirable des fins ultimes. Il se demande simplement si les fins recherchées par les nations, les gouvernements, les partis politiques et l'action des groupes peuvent en fait être atteintes par les méthodes effectivement choisies pour les réaliser (...). Souligner les avantages que chacun tire de l'action du capitalisme n'équivaut pas à défendre les intérêts des capitalistes. Un économiste qui depuis 40 ans défend le maintien du système de la propriété privée et de l'entreprise libre ne combat pas pour les intérêts égoïstes de classe de ceux qui étaient alors riches. Il veut que la liberté soit laissée aux inconnus parmi ses contemporains sans le sou qui ont eu l'ingéniosité de créer toutes ces industries nouvelles qui rendent la vie de l'homme moyen beaucoup plus agréable aujourd'hui. Beaucoup de pionniers de ces transformations industrielles sont devenus riches, il est vrai. Mais ils ont acquis leurs richesses en fournissant au public des automobiles, des avions, des postes de radio, des frigidaires, le cinéma parlant, et toute une série d'innovations moins spectaculaires, mais aussi utiles. Ces nouveaux produits n'étaient certainement pas une réalisation des bureaux ni des bureaucrates. Pas un seul perfectionnement technique ne peut être porté au crédit des Soviets. L'humanité n'a pas encore atteint le niveau de la perfection technique. Il y a encore place pour des progrès ultérieurs et une amélioration des niveaux de vie. En dépit de toutes les assertions contraires, l'esprit créateur et inventif subsiste; mais il ne fleurit que là ou la liberté économique existe. (...) "Laissez faire, laissez passer" signifie : ne pas intervenir dans le jeu du marché parce qu'une telle intervention restreindra nécessairement la production et appauvrira la population. Il signifie de plus : ne pas abolir ni paralyser le système capitaliste, qui, en dépit de tous les obstacles placés par ces gouvernements et les politiciens, a élevé le niveau de vie des masses, d'une façon sans précédent."
La bureaucratie, éd. Librairie de Médicis, 1946 (nd)
Les termes de bureaucrate, de bureaucratique et de bureaucratie sont nettement péjoratifs. Nul ne s'intitule lui-même bureaucrate, ni ne qualifie de bureaucratique ses méthodes d'organisation...il est à remarquer que les "progressistes", que les adversaires de la bureaucratie rendent responsables du développement qu'elle prend, ne se risquent pas à défendre le système bureaucratique. Au contraire, ils se joignent pour le condamner à ceux qu'à d'autres titres ils qualifient avec mépris de "réactionnaires"; car, prétendent-ils, les méthodes bureaucratiques ne sont pas du tout indispensables pour atteindre les buts utopiques qu'ils poursuivent... l'inévitable triomphe final, du socialisme, abolira non seulement le capitalisme, mais aussi la bureaucratie... Ainsi tous s'accordent à considérer la bureaucratie comme un mal. Mais il n'en est pas moins vrai que personne n'a jamais essayé de donner une définition non équivoque de la bureaucratie. On emploie généralement le mot de manière imprécise." Mises tente ici d'apporter une définition et une analyse complète de la bureaucratie.
Le socialisme, éd. Librairie de Médicis (nd)
Ludwig Von Mises a apporté une contribution exceptionnelle à la critique du socialisme. Cet ouvrage en forme l'essentiel.
Politique économique, ed. Institut Economique de Paris, 1986, 55F
Cet ouvrage se caractérise par son extraordinaire clarté, jointe à une grande profondeur d'analyse. Mises propose 6 leçons sur le capitalisme, le socialisme, l'interventionnisme, l'inflation, l'investissement étranger, les politiques et idées. Il faut être un très grand penseur et un très grand maître pour arriver a exprimer de manière aussi limpide et rapide des idées aussi fondamentales que celles qui sont présentées dans cette collection de conférences. Son caractère très accessible et l'importance des sujets qu'elle aborde devrait permettre un diffusion près d'un large public - universitaire, responsables d'entreprises et d'organismes variés, hommes politiques, étudiants et même écoliers - et lui assurer une grande notoriété. Dans une période où malheureusement tous les aspects de la vie sont atteints par la politisation et où nous sommes tous abreuvés d'écrits et de déclarations sur l'organisation sociale, il est indispensable d'aller à l'essentiel. Ludwig Von Mises nous en donne les moyens.
Montesquieu
De l'esprit des lois, Flammarion, 2 vol, 39F et 45F
"Cet ouvrage a pour objet les lois, les coutumes et les divers usages de tous les peuples de terre. On peut dire que le sujet en est immense, puisqu'il embrasse toutes les institutions qui sont reçues parmi les hommes; puisque l'auteur distingue ces institutions; qu'il examine celles qui conviennent le plus à la
société, et à chaque société ; qu'il en cherche l'origine, qu'il en découvre les causes physiques et morales ; qu'il examine celles qui ont un degré de bonté par elles-mêmes et celles qui n'en ont aucun; que de deux pratiques pernicieuses, il cherche celle qui l'est plus et celle qui l'est moins; qu'il discute celles qui peuvent avoir de bons effets à une certain égard, et de mauvais dans un autre. Il a cru ses recherches utiles, parce que le bon sens consiste beaucoup à connaître les nuances des choses". (Montesquieu)
Karl Popper

La société ouverte et ses ennemis, 2 vol, éd.Le Seuil, 1979,143F
Longtemps méconnue en France, l'oeuvre de Karl Popper, logicien et
épistémologue, est un classique à l'étranger. "La société ouverte et ses ennemis", écrit au début de la deuxième guerre mondiale, est un ouvrage de philosophie politique : plaidoyer passionné pour la démocratie, contre le totalitarisme de droite ou de gauche. A la société close et immuable à base de tribalisme et de magie, l'auteur oppose la société ouverte, contrôlée par la raison, où la volonté de l'individu peut librement s'exercer. A Platon, à Hegel, à Marx, il reproche de ne reconnaître l'histoire que pour ajouter qu'elle obéit à des lois qui déterminent le cours des événements: idée qui paralyse le progrès, en le soumettant à la fatalité historique. Elle a conduit le premier à proposer une cité dirigée par une élite omnipotente et omnisciente, où l'individu n'est rien et où la collectivité est tout; le second à se faire le maître à penser de l'Etat prussien et le théoricien d'une société dont se réclamera le totalitarisme; le troisième, en dépit d'une description perspicace des rouages de la société de son temps, à transformer des hypothèses en dogmes; la science, qui repose sur l'expérience, doit pouvoir à chaque instant être remise en question. Karl Popper soutient que l'homme peut forger son destin collectif en s'appuyant sur l'expérimentation et en procédant au coup par coup, pour progresser en éliminant les erreurs.

Jean-Baptiste Say
Cours d'économie politique et autres textes, éd. Flammarion, 1996, 69F
Jean-Baptiste Say (1767-1832), un des plus grands économistes français du début du 19ème siècle, a déployé durant toute son existence une activité intense dans de multiples domaines : enseignant à l'Athénée puis au Collège de France, journaliste, entrepreneur dans l'industrie de coton et émissaire du gouvernement (1814). Les quatre essais présentés dans cet ouvrage montrent l'originalité d'une œuvre dont les apports essentiels sont la place donnée à l'économie politique dans la société moderne, la figure centrale de l'entrepreneur et la loi des débouchés. Pour Say, l'économie politique est un savoir pratique qui doit être largement diffusé dans le corps social. Sa théorie se veut claire et accessible à tous. Cet ouvrage témoigne des qualités didactiques d'un grand économiste à redécouvrir.

Traité d'économie politique, éd. Calmann Levy, 1972, 54F
Consulter cet ouvrage sur le site de la BNF

L'histoire n'a pas été très tendre pour Jean-Baptiste Say. Successivement raillé par Karl Marx et vigoureusement attaqué par Keynes, l'auteur du Traité d'économie politique n'est passé à la postérité qu'à travers les clichés de la " monnaie voile " et de la très célèbre " loi des débouchés ". Et pourtant sa participation active avec Malthus et Ricardo au grand débat du début du 19ème siècle sur la formation de la science économique moderne aussi bien que la permanence des références contemporaines à ses idées, même déformées, plaident en faveur d'une relecture libre de tout préjugé. Il nous fait découvrir un monde où le progrès technique et la fonction de l'entrepreneur entraînent un déséquilibre permanent, générateur de développement économique et de progrès social

Albert Schatz

L'individualisme économique et social, éd. Armand Colin, 1907 (nd)
Consulter cet ouvrage sur le site de la BNF
Cet ouvrage est le résumé d'un cours d'Histoire des doctrines économiques. La formation de la doctrine libérale classique ainsi que les divers aspects de l'individualisme au 19ème siècle y sont exposés avec érudition. L'auteur entend montrer combien l'individualisme a souffert des travestissements fâcheux que l'opinion lui a fait subir. Il montre, parcourant l'histoire de la pensée économique et sociale, que l'individualisme n'est pas l'isolement de l'individu obligé de se suffire à lui-même et conduit à se désintéresser à ses semblables.

Joseph Schumpeter

Capitalisme, socialisme et démocratie,
éd. Payot, 1998, 175F

Né en 1883 en Autriche et mort aux Etats-Unis en 1950, Joseph Schumpeter est considéré comme l'un des plus éminents économistes de notre temps. Il fut le chef incontesté de "l'Ecole viennoise", puis professa à l'Université Harvard, gagnant rapidement audience internationale. Son célèbre ouvrage "Capitalisme, socialisme et démocratie" passe pour l'un des livres fondamentaux de l'économie moderne: c'est une analyse inégalée des phénomènes économiques que nous connaissons. Le capitalisme peut-il survivre? Le socialisme peut-il fonctionner ? Répondant à ces deux questions, l'auteur montre comment il entrevoit l'évolution de notre économie dans le monde de demain.

Adam Smith

Recheches sur la nature et les causes de la richesse des nations, 2 vol, éd. Flammarion, 1991, 65F et 69F
Cet ouvrage en deux volumes présente les grands thèmes de la doctrine philosophique et économique du savant écossais qui fit du travail la source de la richesse. Cette oeuvre est considérée comme la première théorie d'économie politique classique et libérale.

Selon Adam Smith, l'Economie politique, considérée comme une branche des connaissances du législateur et de l'homme d'Etat, se propose deux objets distincts : le premier, de procurer au peuple un revenu ou une substance abondante, ou, pour mieux dire, de le mettre en état de se procurer lui-même ce revenu et cette subsistance abondante ; le second, de fournir à l'Etat ou à la communauté un revenu suffisant pour le service public : elle se propose d'enrichir à la fois le peuple et le souverain.

John Stuart Mill

De la liberté, éd. Gallimard, 1991, 36F
" Le sujet de cet essai est la liberté sociale ou civile : la nature et les limites du pouvoir que la société peut légitimement exercer sur l'individu. Cette question, bien que rarement posée ou théorisée, influence profondément les controverses pratiques de notre époque par sa présence latente et devrait bientôt s'imposer comme la question vitale de l'avenir. (...) Je considère l'utilité comme le critère absolu dans toutes les questions éthiques ; mais ici l'utilité doit être prise dans son sens le plus large : se fonder sur les intérêts permanents de l'homme en tant qu'être susceptible de progrès. Je soutiens que ces intérêts autorisent la sujétion de la spontanéité individuelle à un contrôle extérieur uniquement pour les actions de chacun qui touchent l'intérêt d'autrui. "

Turgot
Laissez faire, textes choisis et présentés par Alain Laurent, éd. Les Belles Lettres/ iconoclastes, 1998, 80F
Universellement reconnu comme homme d'Etat animé d'une volonté de réforme radicale et pionnier de la science économique, Turgot fut aussi un homme de réflexion, auteur de textes provoquants et stimulants qui érigent la liberté individuelle (de conscience, de travailler, d'échanger et de disposer de sa propriété...) en principe suprême devant guider l'action humaine tant privée que publique. Son credo : "laissez faire", protegez par le Droit les individus poursuivant leur intérêt particulier bien compris, et ils concourront spontanément à l'intérêt général comme au progrès de tous. Pour la première fois présentés en un ensemble cursif et cohérent, les textes rassemblés ici illustrent le regain d'actualité des convictions de cet anti-dirigiste et anti-protectionniste tant apprécié des "Philosophes des Lumières" que fut Turgot.
Daniel Villey
Petite histoire des grandes doctrines économiques, ( en collaboration avec Colette Nême ) éd. Litec, 1996, 160F
Les grands courants de la pensée économique depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, d'Aristote à Jean-Baptiste Say, Auguste Comte et les nouveaux idéologue. Une des meilleures histoires de la pensée économique jamais écrite. Très pédagogique, cet ouvrage commence par une définition claire de chacun des mots qui composent son titre.