Le retour
du père Noël
Le
Parti socialiste rajeunit. Son programme retrouve tous les
accents de la rupture avec le capitalisme : dépenses
publiques, impôts, interventionnisme économique.
Le
parti socialiste vient de publier son programme
pour 2007. Ce qui frappe au premier abord, c’est un
formidable retour en arrière vers les solutions dirigistes
et la dépense publique dans une France qui étouffe
sous la réglementation et ne sait déjà
plus comment faire face au défi du remboursement
de ses dettes. Nous avions déjà souligné
à l’occasion des travaux préparatoires
de ce programme cette volonté de rupture avec le
libéralisme (voir : «Le
socialisme de la terre plate») qui est en fait
une rupture avec l’économie et le monde réel.
Le
résultat c’est, une étonnante panoplie
de mesures
qui, si elles devaient être appliquées, conduiraient
à un isolement de notre pays et à une régression
sans précédent de notre économie.
Florilège
de quelques mesures phares :
- Augmenter la progressivité de l’impôt
par la fusion de l’impôt sur le revenu et la
CSG (dans le cadre d’une option d’un niveau
de prélèvement obligatoire élevé)
!
- Remise en cause des baisses d’impôts sur le
revenu et l’ISF et création d’un impôt
européen !
- Calculer l’impôt sur les sociétés
en tenant compte de la proportion de CDI !
- Retour de la politique industrielle et des investissements
publics (dans des entreprises innovantes qui prennent en
compte des missions de service public) !
- Limitation du coût du loyer à 25% du revenu
des ménages locataires ! (sympathique mais le plus
sûr moyen de créer une pénurie de logements)
- Renforcer les services publics et re-nationaliser à
100% EDF et GDF et créer de nouveaux services publics
( petite enfance, service bancaire de base, eau...) !
- Réformer les autorités de régulation
de la concurrence (comprenez restreindre la concurrence)
en incluant des élus, des syndicats...
- Relance de la consommation par le relèvement des
prestations sociales !
- SMIC à 1500 euros pour 2012 !
Au
total les socialistes
se sont très certainement fait plaisir en rédigeant,
sans se soucier des coûts de leurs promesses et des
effets pervers, une longue lettre au père Noël.
Malheureusement il n’est pas sûr que le père
Noël existe.
Certes
dira-t-on,
il ne s’agit que d’un programme. Discutant,
il y a quelques jours avec un imminent dirigeant du parti
socialiste, dont je tairais le nom – pour que ses
relations et ses propos coupables ne soient pas instruits
à charge contre lui –lui faisant remarquer
le caractère quelque peu régressif de telles
propositions – ce dont il convenait volontiers –
il me confiait que tout ceci n’était qu'une
base destinée à être amendée.
Il ajoutait surtout qu’une fois le ou la candidate
désignée pour les présidentielles,
si celui-ci ou celle-ci bien entendu affirmait qu’un
tel programme constituait une base utile et indispensable
pour une campagne, il ou elle aurait bien entendu à
cœur de faire des propositions plus réalistes.
Curieuse
approche tout de même
que celle qui consiste à préparer une échéance
aussi importante par des propositions aussi démagogiques.
Il
n’en reste pas moins que la star des sondages du PS,
Ségolène Royal, fait entendre une musique
différente. Ses propos sur la famille, la délinquance,
les vertus qu’elle prête à la politique
de Tony Blair, lui donne une image davantage tournée
vers le centre gauche que l’extrême gauche.
A y regarder de plus près sans doute découvrirait-on
une Ségolène Royal plus socialiste qu’elle
ne le parait aujourd’hui, mais peu importe, puisque
dans le climat de scepticisme des Français aujourd’hui
vis à vis de la classe politique le jeu des apparences
prend le dessus.
La
percée de Ségolène Royal
– et c’est son intérêt –
bouleverse profondément le paysage de gauche.
Au
lendemain de la victoire du non
au référendum on pouvait craindre que le PS
ne choisisse de donner un vigoureux coup de barre à
gauche. Le succès de Ségolène Royal
– du moins dans les sondages – montre que tout
au contraire les chances de victoire des socialistes se
situent plutôt au centre gauche.
Ceci rend certes, la compétition plus difficile pour
la droite mais dans le même temps ceci devrait encourager
cette dernière à faire des choix plus franchement
libéraux 
Alain
Madelin