La Lettre des Cercles Libéraux du 3 février 2006

Mieux disant
libéral ?

S’il y a peu de chance de voir un candidat libéral élu en 2007, on ne peut cependant se passer des libéraux et de leurs propositions.

«Electeurs libéraux déçus, exigeants et disponibles cherchent candidat séduisant et mieux disant libéral pour poste de Président de la République afin de fonder ensemble une France heureuse. Faire offre. Pas sérieux s’abstenir».

C’est en ces termes que j’ai résumé l’état d’esprit de beaucoup, à moins de 500 jours de l’élection présidentielle, lors du dîner des Cercles libéraux organisé à Paris mardi dernier.

Force est bien d’observer d’abord que les conditions ne sont pas hélas réunies pour que les libéraux puissent faire élire un des leurs en 2007 et qu’il y a peu de place pour une candidature libérale de témoignage (compte tenu du nombre élevé de candidats potentiels et du souvenir des dangers de la dispersion des voix laissé par le 21 avril 2002.)

Cependant, le débat de 2007, pour être utile, a besoin des libéraux. Et ce pour deux raisons.

1 - On ne peut se passer des solutions libérales pour construire l’avenir du pays.
2 - On ne peut se priver des électeurs libéraux pour construire une victoire à droite.

C’est pourquoi les libéraux engagés au sein de l’UMP doivent se mobiliser en son sein pour faire peser leurs idées autour de Hervé Novelli et des élus réformateurs.
Ils doivent aussi se mobiliser au-delà, dans l’opinion, pour faire en sorte que le débat des présidentielles s’engage sur les vrais enjeux du pays et que celui-ci ne soit pas tronqué comme il fut en 2002 ou détourné comme il le fut pour les élections européennes de 2005 (où tous se sont ingéniés à diaboliser l’Europe libérale dans lequel les partisans du oui faisaient campagne en expliquant que voter la Constitution c’était se donner les moyens de bloquer les réformes libérales de l’Europe).

Comme l’a écrit le très officiel rapport Camdessus «la France décroche, il nous faut un sursaut».
L’enjeu du prochain quinquennat est clair, ce sera soit le sursaut libéral, soit le dépôt de bilan.

J’entends, bien entendu, avec mes amis participer à ce débat en toute indépendance, ayant montré que je tenais plus à mes convictions qu’à tel ou tel poste : j’entends le faire au nom des idées et des propositions que je défends depuis longtemps. Au nom aussi des Français libéraux, de ceux qui m’ont fait confiance en 2002 et de bien d’autres qui se reconnaissent dans nos valeurs et dans nos choix.

Les libéraux seront d’autant plus exigeants qu’ils sont déçus par la politique menée par le gouvernement et sa majorité depuis quatre ans. Comme l’écrit un lecteur de cette lettre «il n’y a que la gauche pour croire que le gouvernement mène une politique libérale».
Il est vrai que les libéraux enragent d’entendre trop souvent qualifiée de libérale ou de néo-libérale, une politique qui n’est pas la leur. Ils entendent expliquer tous les dangers des politiques de droite qui tendent à comprimer les salaires, à rogner les avantages sociaux et à précariser le travail, qui ne sont pas les leurs.
C’est pourquoi les libéraux veulent montrer aussi comment seule une politique de libéralisation économique peut nous permettre de trouver le chemin de l’hypercroissance nécessaire pour assurer le plein emploi, le paiement de nos dettes et de notre protection sociale, la remise en marche de l’ascenseur salarial et de l’ascenseur social.

Si les libéraux affrontent en France des vents contraires qui font que l’on impute au libéralisme tous les maux d’une société dirigiste, que l’on en fasse un problème alors qu’il est une solution, ils savent que les vents dominants à l’échelle de la planète portent leurs idées. Ceci les invite à dire fortement dans les temps qui viennent ce que serait vraiment une politique libérale, quelles sont leurs solutions concrètes aux problèmes de la France.

Ainsi, leurs idées pourront peser sur le débat, orienter les prises de position des uns et des autres et permettre aux Français libéraux de faire leur choix, tout bien pesé, en toute connaissance de cause

Alain Madelin