Le
choix
Le débat a eu lieu. Les termes du choix sont clairs.
Certes, les libéraux sont orphelins non seulement d'un candidat
défendant franchement leurs couleurs, mais aussi, d'un débat
qui aurait plus largement pris en compte les idées et les propositions
qui sont les leurs depuis longtemps, et dont ils pensent qu'elles
sont une exigence pour le pays.
Ils auront cependant observé avec satisfaction la disparition
de l'extrême gauche antilibérale et l'évolution
corollaire du parti socialiste, sous l'impulsion de Ségolène
Royal vers des conceptions davantage social-démocrates, voire
social-libérales. Mais il n'en reste pas moins que les propositions
économiques et sociales de la candidate socialiste restent
très largement marquées par un conservatisme étatique
("Touche pas aux interventions de l'État !"), une
relance keynésienne par la distribution artificielle de pouvoir
d'achat, le partage du travail, des idées fiscales hostiles
à la création de richesses et une conception de l'exercice
du pouvoir très largement fondé sur la cogestion avec
les syndicats.
En regard, Nicolas Sarkozy représente assurément une
volonté d'action pour faire bouger la France, une volonté
de la sortir de ses carcans, un appel à travailler et à
entreprendre dans le cadre de réglementations fiscales et sociales
plus légères. Le souhait encore de rendre les Français
propriétaires, d'alléger le poids des fonctionnaires
ou de faire bouger enfin l'éducation nationale l'université.
Les libéraux feront donc le choix de Nicolas Sarkozy.
Pour ceux qui sont engagés à l'UMP, ce choix va de soi.
Ceux aussi qui se sentent de droite avant d'être libéraux
-et ils sont nombreux- se reconnaîtront assurément dans
un discours de droite franchement assumé et même fièrement
revendiqué par le candidat de l'UMP. Les autres feront enfin
tout simplement un choix de raison, par élimination.
Tout au long de cette campagne, nous avons cherché à
repérer les propositions libérales, hélas trop
rares dans les programmes des candidats. A souligner aussi les orientations
heureusement plus nombreuses susceptibles de rallier les faveurs des
libéraux. Nous avons voulu enfin souligner les erreurs ou les
manques de cohérence que nous trouvions dans telle ou telle
proposition.
Nous l'avons fait en toute honnêteté intellectuelle et
en toute liberté partisane.
C'est en usant de cette liberté que nous avons notamment, dans
notre analyse critique des discours des candidats, marqué notre
inquiétude face à des propositions de Nicolas Sarkozy
que nous jugions inadaptées, trop interventionnistes et même
parfois franchement protectionnistes.
Nous l'avons fait dans un souci de continuité intellectuelle
et de cohérence avec les analyses et les propositions développées
depuis longtemps par les libéraux. Car ceux-ci croyons-nous
ont davantage réfléchi aux contraintes du nouveau monde
et de la nouvelle économie. Ils en ont davantage compris les
mécanismes. À commencer par les ressorts de la liberté
de choix et de la liberté d'entreprendre. C'est dire qu'ils
croient davantage à un État qui libère qu'à
un État qui Veut et qui Ordonne.
Nicolas Sarkozy veut assurément réussir, ramener la
France sur le chemin du plein-emploi, apporter la prospérité
économique, assurer un haut niveau de protection sociale à
tous les Français.
Pour cela, face aux réalités, il ne pourra qu'emprunter
les chemins de la liberté que les libéraux ont plus
que jamais pour devoir de paver de leurs analyses et de leurs propositions.
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