Devoirs
de vacances
Dans
un débat présidentiel dominé à
ce jour par les idées creuses les libéraux
ont un devoir.
Les
libéraux partent en vacances avec
un goût d’amertume. Alors que se dessine plus
précisément le combat des candidats, le débat
sur les enjeux de l’après 2007 s’enlise.
Nous avions hélas pressenti cette dérive du
débat où les lieux communs à la mode
l’emportent sur les idées fortes, dans lesquelles
les apparences l’emportent sur les convictions.
Il
y a plusieurs raisons à cela.
D’abord nous payons la facture de l’indigente
campagne du référendum sur l’Europe.
En refusant alors de faire une pédagogie de la modernité
libérale et des changements nécessaires, en
proposant de voter «oui» à la
Constitution pour mieux freiner «les dérives
libérales» de l’Europe, en épousant
les rhétoriques les plus à gauche sur les
délocalisations, le dumping social, le dumping fiscal
ou le dumping écologique, la droite de gouvernement
ne pouvait que délégitimer par avance les
réformes libérales qu’elle se devait
de proposer aux Français en 2007.
Ensuite, nous payons la disparition au sein de la droite
d’un pôle de référence politique
libérale, indépendant et organisé,
représenté autrefois par le Parti Républicain
ou Démocratie Libérale.
Dans la presse, de même, s’il existe ici et
là, fort heureusement, des contributions libérales
de qualité, il n’existe plus de journaux de
référence ouverts aux libéraux comme
le furent autrefois le Quotidien de Paris ou Le Figaro.
Sur le marché politique les groupes de pression corporatistes
dominent très largement. Les milieux économiques
qui se devraient d’être les supporters des réformateurs
libéraux désertent la scène nationale
pour chercher meilleure fortune ailleurs.
Quant aux gouvernements depuis 2002, non seulement leur
politique n’est pas libérale mais au surplus
ils font du tort à de vraies politiques libérales
(voir le
faux libéralisme chasse le vrai).
A leur décharge il est vrai, qu’au-delà
même de la situation ambiguë de la victoire au
second tour de Jacques Chirac en 2002, l’actuelle
majorité a été élue, ni sur
une vision claire des enjeux de la France, ni même
sur des promesses de réformes libérales, mais
sur un projet flou, dont je disais à l’époque
qu’il était «de la guimauve, de la
guimauve et encore de la guimauve».
C’est
dire l’importance du débat 2007
pour définir les vrais enjeux, proposer des orientations
claires et s’engager sur des réformes franches.
Nous
en sommes bien loin.
«Je n’ai pas entendu une seule proposition
du niveau d’une élection présidentielle»
vient de déclarer perfidement le Premier ministre.
Ce n’est pas faux, même si l’auteur de
cette remarque peine à se faire remarquer par une
action réformatrice décisive.
Le
débat de 2007
s’annonce même comme une formidable régression.
Il n’y a qu’à relire les programmes de
la droite lors des élections de 2002, celles de 1993-
1995 et même celles de 1986 – il y a 20 ans
! – pour mesurer ce recul.
On y trouvait alors la déréglementation de
l’énergie et des transports, la libéralisation
les prix, la diminution de la taxation marginale, la flexibilité
du travail, la liberté de choix en matière
d’école ou de sécurité sociale
ect...
Aujourd’hui
la politique française fait monde à part.
Ne sommes-nous pas devenus dans un sondage récent
le seul pays ou près de deux citoyens sur trois se
déclarent hostiles à l’économie
de marché (contre 74% de favorables en Chine !) (à
lire l’exception
culturelle).
Autrement dit, la régression des élites politiques
a entraîné une régression de l’opinion
qui elle-même entretient la prudence des candidats
à l’élection de 2007.
Il y a quelque temps,
nous notions déjà, que pour peu que l’on
prenne un peu de recul, on ne pouvait qu’être
frappé par la similitude de beaucoup d’analyses
et de propositions entre les grands partis tant à
gauche qu’à droite (voir La
grande coalition de la «droiche»)
Si
les conditions ne sont pas hélas réunies
pour que les libéraux fassent élire un des
leurs en 2007, on ne peut cependant se passer des solutions
libérales pour construire l’avenir du pays.
Pas plus que l’on ne peut se priver des électeurs
libéraux pour construire une victoire à droite.
Or,
il est clair aujourd’hui
que les libéraux sont des libéraux déçus
par l’action des gouvernements depuis 2002. Déçus
déjà par le débat des présidentielles
qui semble faire bien peu de place à leurs idées.
Pour
assurer cette présence libérale en 2007
nous avons entrepris - en toute indépendance et en
toute liberté - de construire un projet libéral
de référence (voir le site libéraux2007.fr)
Cette tâche occupera nos vacances. Nous sommes aussi
engagés - en toute indépendance et en toute
liberté - dans une analyse critique des discours
des principaux candidats.
Il ne s’agit pas bien entendu de distribuer de bons
ou de mauvais points mais de provoquer le débat et
la réflexion. Nos critiques se veulent constructives
et positives. Avec la volonté de peser sur le débat,
d’orienter les prises de position des uns et des autres
et de permettre aux Français libéraux de faire
leur choix, tout bien pesé, en toute connaissance
de cause.
Même
si les vents sont contraires
nous savons qu’il est absurde d’opposer le libéral
et le social, malhonnête d’imputer au libéralisme
les maux d’une société dirigiste et
que les idées libérales ne doivent pas être
considérées comme un handicap pour les candidats
mais comme un atout pour la France 