«L’horreur
économique»
selon Ségolène
Pour
« comprendre les mutations » Ségolène
Royal livre sur son site un premier document de travail
qui montre et démontre une bien grande incompréhension
de l’économie réelle.
Nous
avions déjà relevé la semaine dernière
l’étonnante panoplie de mesures démagogiques
relevant d’un autre âge que constitue le programme
officiel du Parti socialiste (voir : « Le
retour du père Noël »). Il nous rajeunissait,
on y retrouvait tous les accents de la rupture avec le capitalisme
cher aux socialistes en 1981.
Par contraste, nous avions
relevé comme signe plutôt favorable
la démarche de Ségolène Royal qui,
(même si nous disions que celle-ci est sans doute
plus socialiste qu’elle ne parait) montre aux socialistes,
tentés au lendemain de la victoire du « non
» par un vigoureux coup de barre à gauche que
leur chance de victoire se situe davantage au centre gauche.
On pouvait même former l’espoir de voir le PS
évoluer dans le sens de tous les autres partis socialistes
européens. Ce qui constituerait par contre coup une
excellente nouvelle pour les libéraux car cela contribuerait
à pousser la droite à épouser plus
franchement les idées libérales.
Hélas, derrière
le jeu des apparences – que nous allons
nous employer à démonter tout au long de cette
campagne présidentielle – on découvre
une tout autre Ségolène dans le premier document
sur l’emploi et le travail qu’elle vient de
publier sur son site (voir : «Les
désordres de l’emploi et du travail»
L’inspiration et la
tonalité y sont plus proches de Viviane
Forrester (auteur de l’ineffable « Horreur économique
» ) que de Tony Blair.
Elle nous livre dans un étonnant
patchwork et un incroyable charabia - sur
lesquels ironise même Libération - une vision
d’horreur de l’économie de marché,
du capitalisme, de l’entreprise, de la mondialisation
et des mécanismes financiers.
Quant aux propositions,
elles échappent à toute critique car il n’y
en a aucune.
Le problème c’est
que ce document est sous-titré «comprendre
les mutations pour mieux les maîtriser». Une
chose est sûre, à lire cette philippique anti-libérale,
Viviane Royal ou Ségolène Forrester ne comprennent
pas grand chose à la globalisation, à l’économie
de marché et au capitalisme financier qui partout
dans le monde, lorsqu’ils sont regardés avec
confiance, sortent les peuples de la pauvreté, apportent
pouvoir d’achat et emploi.
Les maux parfois bien réels
subis par les Français et que relève
ce document ne sont pas - c’est le moins que l’on
puisse dire - le résultat d’un excès
de libéralisme mais le produit de son insuffisance,
le résultat d’un manque de confiance et de
compréhension de l’économie de marché
et du nouveau capitalisme mondial.
On
doute que de telles erreurs de diagnostics
puissent conduire à de bons remèdes 
Alain
Madelin