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Bravo
Borloo
Le
dispositif du chèque emploi service universel en
libérant l’offre et en « solvabilisant
» la demande ouvre les portes d’un véritable
marché des services à la personne..
La
politique du gouvernement en matière d’emploi
ne nous donne pas fréquemment l’occasion de nous
réjouir. Raison de plus pour saluer l’heureuse
initiative du plan de développement des services à
la personne concocté par Jean-Louis Borloo.
De quoi s’agit-il ?
Indiscutablement en matière de services et tout particulièrement
de services à la personne, la France est en retard.
De nombreuses études ont montré que si dans
le secteur des services au sens large nous avions la même
proportion d’emplois qu’aux Etats-Unis, la France
aurait 3 ou 4 millions d’emplois supplémentaires.
Les raisons de ce sous-développement sont connues
:
- Un coût du travail ( SMIC + charges sociales
) trop élevé pour des emplois à faible
valeur ajoutée. Coûtant plus cher qu’ils
ne rapportent, ces emplois ne voient pas le jour et ils sont
pour une part importante relégués « au
noir ».
- le poids des réglementations de toutes sortes qui
paralyse une offre compétitive ou la relègue
au secteur associatif pour nombre de services à la
personne.
La démarche suivie par le gouvernement
pour réveiller ces emplois de services mérite
d’être saluée. Rompant avec le traitement
social du chômage on s’est engagé dans
une approche économique afin de créer un marché.
Certes, il ne s’agit pas d’un vrai marché
à l’instar des Etats-Unis avec la liberté
des prix, la liberté des contrats et une vraie concurrence.
Nous sommes en France.
On a donc cherché à « solvabiliser
» la demande grâce à
un chèque emploi service universel simplifié
cumulant de nombreuses exonérations pour diminuer le
coût du travail ( ni cotisations sociales, ni impôt
sur revenu - jusqu’à 1830 euros par an - pour
le salarié utilisateur ; crédit d’impôt
sur les bénéfices de 25% pour les aides versées
par les entreprises ; 15 points de charges patronales pour
le particulier et réduction d’impôt sur
le revenu de 50% dans la limite de 1500 euros de dépenses
par an ; exonération de charges patronales pour les
prestataires agréés...)
On
a aussi libéré l’offre en remplaçant
des procédures locales d’agréments compliquées
par un agrément national afin d’inciter à
la création de véritables enseignes professionnelles.
Résultat, de grands groupes se lancent sur ce secteur
avec l’efficacité de leur professionnalisation,
des économies d’échelles et de leur courbe
d’expériences.
Certes,
il y aurait beaucoup à dire sur le bric à brac
de toutes les subventions directes et indirectes accordées
à ces nouveaux emplois. Mais, il n’en reste pas
moins que les conditions sont réunies pour développer
un véritable marché avec des entreprises privées.
En termes économiques, tout se passe
comme si avec le chèque service Jean-Louis Borloo avait
inventé sur ce nouveau marché une nouvelle monnaie
d’échange : un euro allégé des
prélèvements obligatoires qui, à l’instar
de l’économie au noir, bénéficie
d’un pouvoir d’achat plus important. Mais qui,
à la différence de l’économie parallèle,
permet d’organiser au grand jour une activité
entrepreunariale.
Une
illustration de plus, que trop d’impôts tue l’emploi
Alain
Madelin
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