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Mi-mi
Merkel
est mal partie
La potion amère du programme de
grande coalition allemande mi socialiste, mi conservatrice,
ne peut qu’échouer.
La grande
coalition menée par Angela Merkel en Allemagne vient
enfin de se donner un programme de gouvernement. Affligeant
!
Tout se passe comme si, pour confectionner ce cocktail gouvernemental,
on avait pris dans les programmes de la CDU et du SPD leurs
plus mauvais ingrédients.
Résultat
:
- l’idée déjà saugrenue de la CDU
d’augmenter la TVA de 2% (dans le but de diminuer les
charges sociales comme cela fût déjà fait
en France par Alain Juppé en 1995) s’est transformée
grâce au SPD - qui avait pourtant combattu cette idée
- en augmentation de 3%.
-
le taux marginal de l’impôt sur le revenu (diminué
hier par le SPD) passera de 42% à 45%.
- les baisses d’impôt sur les sociétés
(de 25% à 19%) décidées en commun par
le SPD et la CDU au Printemps dernier, sont reportées
après 2008...
Bref,
après le « ni-ni » socialiste à
la française, voici le « mi-mi » à
l’allemande, mi-socialiste mi-conservateur, mi-chèvre
mi-choux, la plus sûre recette de l’échec.
Comme nous l’avions déjà souligné,
une grande partie de la droite allemande – et à
plus forte raison la gauche – ne comprend rien à
la nouvelle économie mondiale, celle de la 3ème
vague, l’économie mondiale du savoir.
Elle accède un peu trop facilement aux revendications
à courte vue que lui propose un patronat tout entier
tourné vers la diminution du coût du travail
et des coûts sociaux pour maintenir les exportations
industrielles allemandes.
Au bout
du compte, voici que l’on impose à l’économie
allemande une nouvelle purge alors qu’elle aurait besoin
de fortifiants. Si l’on ajoute à cela la politique
monétaire menée par la Banque Centrale Européenne,
nous avons là tous les symptômes d’une
maladie qui a conduit l’économie japonaise à
plus de dix ans de dépression.
Voilà
qui est mauvais pour l’Allemagne. Voilà qui est
mauvais pour la France aussi, à la fois parce que nous
avons tout à perdre à «une mauvaise santé»
de l’économie allemande et parce que, hélas,
la phobie d’une vraie politique libérale est
contagieuse.
Sans doute ne verrons-nous pas de grande coalition dans notre
pays, mais comme j’avais tenu à le souligner
dans cette lettre (voir La
grande coalition de la «droiche»), la
droite française emprunte déjà tellement
d’idées aux socialistes et se méfie tellement
aujourd’hui des solutions libérales, qu’elle
est capable de mettre en oeuvre, demain, à elle toute
seule un programme inspiré par le même «
mi-mi ».
Le seul projet gagnant pour la France, c’est la mise
en oeuvre de réformes franchement libérales
qui permettent de trouver le chemin d’une forte croissance.
A la rigueur désespérante («se serrer
la ceinture») les libéraux opposent la vigueur
( «se retrousser les manches») 
Alain
Madelin
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